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Blake Lively, Woody Allen, Kristen Stewart, Cannes 2016

Mike Marsland/WireImage

Le Festival de Cannes 2016 a démarré sur les chapeaux de roue.

Laurent Lafitte, le comédien et humoriste français, qui officie en tant que maître de cérémonie cette année sur la Croisette, a fait une blague concernant les accusations de viol à l'encontre de Woody Allen. "Vous avez beaucoup tourné en Europe, alors que vous n'êtes même pas condamné pour viol aux États-Unis", a-t-il dit dans son discours inaugural. Le public dans la salle, dont Blake Lively et Kristen Stewart, en a eu le souffle coupé. "Merci d'être ici ce soir", a poursuivi Laurent. "Même si c'est le moins que vous puissiez faire. Votre film n'est même pas en compétition. Quelle est la pire chose qui pourrait arriver ?... Qu'il ne soit pas aussi bon que Manhattan ?" L'acteur semble avoir fait référence au réalisateur Roman Polanski, qui avait été accusé de viol sur une jeune fille de 13 ans aux États-Unis en 1977. Il s'était par la suite enfui en Europe pour éviter la prison après avoir accepté une condamnation moindre.

Lors d'un déjeuner pour parler de son nouveau film, Cafe Society, Woody a évoqué la fameuse blague. "Je suis complètement favorable au fait que les humoristes fassent toutes les blagues qu'ils veulent", a-t-il expliqué à Ramin Setoodeh de Variety. "En matière de blagues, je ne juge pas et je ne censure pas. Étant moi-même un humoriste, je trouve qu'ils devraient être libres de dire toutes les blagues qu'ils veulent." Woody a alors ajouté : "Il en faudrait beaucoup pour m'offenser. Ce qui m'a ennuyé hier soir, c'est la durée de la cérémonie avant le film. J'étais assis là. Je savais que mon film faisait une heure et demie, j'aurais préféré que la cérémonie dure 20 minutes, une demi-heure maximum. Je ne voulais pas qu'elle dure une heure. Parce que quand mon film s'est terminé, on ne tenait plus en place sur son siège. Pour moi, c'était une erreur. Ça a duré trop longtemps. Il fallait raccourcir."

Quant à Blake Lively, elle estime que les blagues controversées du comédien français ne concernaient pas que le réalisateur de Blue Jasmine. "Il a fait trois commentaires homophobes à la suite. Une blague sur Hitler. Et une blague sur le viol. Tout ça en 30 secondes... Que s'est-il passé ?", se demande l'actrice. "C'était vraiment déroutant."

La comédienne a dit à Variety : "Je trouve que les blagues sur le viol, l'homophobie ou Hitler n'en sont pas. Ça faisait beaucoup en 30 secondes. Les festivals de cinéma sont des évènements tellement beaux et respectueux autour des films et j'ai l'impression que ce genre de choses ne serait pas arrivé dans les années 1940. Je n'imagine pas Fred Astaire et Bing Crosby en train de dire ça. C'était plus décevant pour les artistes dans la salle que quelqu'un fasse des blagues sur quelque chose qui n'était pas marrant."

La blague de Laurent sur le viol a été prononcée quelques heures après que Ronan Farrow, le fils de Woody qu'il ne voit plus, a publié une tribune dans The Hollywood Reporter qui s'en prend aux médias qui, selon lui, ne mettent pas son père sur la sellette à propos des accusations d'abus sexuels prononcées par sa sœur, Dylan Farrow. Mercredi, Jada Yuan du New York Magazine a demandé à Woody s'il avait lu l'essai au vitriol de Ronan, ce à quoi le réalisateur a répondu par la négative.

Woody Allen, Soon-Yi Previn, Kristen Stewart, Cannes 2016

VALERY HACHE/AFP/Getty Images

Comme lui, Blake n'a pas lu l'article de Ronan. "Je suis rentrée et je me suis couchée à l'heure à laquelle nous avons fini. Je ne l'ai pas lu, donc je ne veux pas m'exprimer à propos de quelque chose que je n'ai pas lu," a déclaré Blake à Kyle Buchannan de Vulture, jeudi. "C'est dangereux. Quand vous êtes au festival, vous venez pour le cinéma et les médias vous parlent de plein d'autres choses. Vous voyez ? C'est délicat. Je ne veux pas parler de choses que je n'ai pas lues."

En début de semaine, Kristen a déclaré être au courant des accusations d'abus sexuels prononcés par Dylan à l'encontre de Woody dans les années 90 ; après enquête, la police n'avait pas poursuivi les accusations selon lesquelles le réalisateur aurait abusé de Dylan, quand elle avait 7 ans. Dans une lettre ouverte publiée dans le The New York Times en 2014, Dylan avait accusé des stars comme Scarlett Johansson et Emma Stone de soutenir le travail de son père.

Après avoir été choisie pour jouer dans Cafe Society, Kristen a parlé de la situation avec Jesse Eisenberg, son partenaire dans le film. "Je lui ai dit : « Tu en penses quoi ? On ne connaît aucune de ces personnes. Je pourrais personnaliser la situation, ce qui serait une très mauvaise idée. » Au final, on en a juste parlé avec Jesse", a-t-elle expliqué à Variety. "Si on était persécutés pour toutes les conneries qui ont été dites sur nous et qui ne sont pas vraies, on ne pourrait plus vivre. Tourner le film était loin de tout ça, ça a été très fructueux pour tous les deux." Jesse Eisenberg, quant à lui, a déclaré ne pas se souvenir de la conversation en question.