Où est passée Michelle Pfeiffer ?

Il s'avère que la réponse est assez simple. "Je n'ai jamais perdu mon amour de la comédie. Je me sens vraiment chez moi sur un plateau de cinéma. Je suis plus équilibrée quand je travaille", déclare Michelle Pfeiffer, dont la dernière apparition sur le grand écran remonte à Malavita en 2013 (aux côtés de Robert De Niro). "Mais je faisais très attention à l'endroit où je tournais, à la durée du tournage, et je regardais si ça fonctionnait ou pas avec l'emploi du temps des enfants. J'étais tellement difficile que personne ne voulait m'embaucher. Et puis... je pense que le temps a passé."

"Quand l'étudiant est prêt, le professeur apparaît", ajoute-t-elle.

Michelle Pfeiffer, Interview

Mikael Jansson/Interview

L'actrice, qui a trois films en post-production, marque son grand retour à Hollywood en faisant la couverture du numéro d'avril du magazine Interview. "Je suis plus ouverte désormais, car je veux vraiment travailler maintenant, parce que je peux", explique-t-elle au réalisateur Darren Aronfosky. "Et ces dernières années, j'ai eu des occasions très intéressantes. Et j'ai ce drôle de synchronisme avec Annette Bening. J'étais censée faire Bugsy ; et puis, ça ne s'est pas fait. Elle l'a fait, et elle a rencontré Warren [Beatty]. Sinon, ça ne serait pas arrivé. Puis, elle était censée jouer dans Batman, le défi ; et puis, ça ne s'est pas fait. Je l'ai remplacée. Donc, on est toujours liées d'une manière ou d'une autre."

Michelle Pfeiffer, Interview

Mikael Jansson/Interview

Si Michelle Pfeiffer "a disparu" pendant quelques années, elle n'a jamais perdu sa passion pour le cinéma. "Ce qui est intéressant, c'est qu'on dit toujours aux jeunes de trouver leur passion et de la suivre. Mais je me souviens avoir lu quelque part que beaucoup de gens n'ont pas de passion. Et on les presse d'en avoir une. C'est tout à fait acceptable de ne pas en avoir une", explique l'actrice. "Mais en avoir une aussi jeune est une vraie chance."

Mais ô surprise, Michelle Pfeiffer ne s'est pas toujours vue en actrice. "Je viens du comté d'Orange, en Californie du Sud, et on ne peut pas être plus éloigné du milieu du show-business", déclare-t-elle. "En fait, je n'allais pas très souvent au cinéma. Ma mère ne conduisait pas. Il ne fallait pas déranger mon père. Donc, je n'allais nulle part. Mais en revanche, je restais éveillée tard à regarder de vieux films à la télé. Je ne peux pas vous les citer, car j'étais très jeune. Mais je me souviens que je regardais les acteurs en me disant : « Je peux le faire. »"

Michelle Pfeiffer, Interview

Mikael Jansson/Interview

Après avoir passé quelque temps dans une école de sténographie, Michelle a travaillé comme caissière dans un supermarché. Il n'a pas fallu beaucoup de temps avant qu'elle soit "frustrée" par ce travail et qu'elle cherche une carrière plus intéressante. "Je me rappelle très bien avoir été derrière la caisse, désespérée, et avoir eu envie de dire à un client où il pouvait se fourrer sa pastèque. Je me suis dit : « Qu'est-ce que tu veux faire pour le restant de tes jours ? »", se souvient l'actrice de Scarface. "Et c'était jouer la comédie."

Mais au fond d'elle, Michelle devait savoir que son destin était de devenir actrice, non ? "J'imagine que oui. Je devais être une petite fille très théâtrale, car ma mère m'appelait sa « petite actrice ». C'est peut-être pour ça", concède-t-elle. "Je découvre ça pour la première fois."

   

Michelle, qu'on va retrouver dans The Wizard of Lies, Mother et Le Crime de l'Orient-Express, a suivi des cours de théâtre au lycée, qui lui ont donné le courage d'en faire son métier à plein temps quelques années plus tard. "Avoir la chance de voir ce que c'est aussi jeune est vraiment une bénédiction. J'ai eu des retours très positifs de ma prof au lycée. Elle m'a dit de prendre ça au sérieux. Ça m'a donné la confiance nécessaire pour me dire qu'être acteur était quelque chose que je savais faire intrinsèquement", explique la star des Liaisons dangereuses à Interview. "Ça a fait appel à ce que je ressentais quand je regardais ces films à la télévision."

Michelle Pfeiffer, Interview

Mikael Jansson/Interview

Au début de sa carrière, Michelle se sentait rarement prête. "Je n'avais pas de formation classique. Je ne sortais pas de Juilliard. Je m'en sortais par moi-même et j'apprenais sous les yeux du monde entier", admet-elle. "J'ai toujours pensé qu'un jour ou l'autre, on allait découvrir la supercherie, que je ne savais pas ce que je faisais. J'ai suivi beaucoup d'ateliers, j'ai travaillé avec des professeurs émérites et je ne suis pas sûre que ma méthode ait vraiment changé par rapport au début. Je suis toujours mon instinct, c'est un peu comme écouter le rythme du personnage dans sa tête."

Qu'ont apporté ces années difficiles de combat intérieur à Michelle Pfeiffer ?

"On a le droit d'échouer. On essaie différentes choses. Comme un créateur avec des Post-it, on jette les mauvaises idées les unes après les autres jusqu'à ce qu'on tombe sur la bonne. C'est par accident. Et c'est ce que j'ai fait", explique l'actrice. "J'étais assez jeune pour penser : « Bon, j'ai ce job pépère au supermarché Vons, un travail qui me permet de vivre, avec une assurance maladie, mais je veux vraiment devenir actrice. Et je suis assez jeune pour pouvoir rebondir si j'échoue. » D'une certaine manière, j'ai trouvé le courage de le faire."

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