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Emma Watson a des limites.

Célèbre depuis plus de la moitié de sa vie, l'actrice de 26 ans est en couverture du numéro de mars de Vanity Fair. Dans le portrait du magazine, Emma explique à Derek Blasberg comment elle a franchi le pas, après la fin de la saga Harry Potter il y a six ans, et explique pourquoi elle n'a plus peur de dire "non".

"Je fais ça depuis que j'ai 10 ou 11 ans, et je me suis souvent dit : « Je ne suis pas faite pour ce métier, car je suis trop sérieuse ; je suis chiante ; je suis difficile ; je ne corresponds pas »", explique Emma, qui est ambassadrice de bonne volonté aux Nations-Unies depuis l'été 2014. "Mais en mûrissant, j'ai fini par me dire : « Non ! Faire face à ces batailles, grandes ou petites, voilà qui je suis. »"

Alors que la série des Harry Potter touchait à sa fin, l'actrice a commencé à penser à ce qui comptait vraiment, et à ce qu'elle voulait faire ensuite. "J'arpentais le tapis rouge, puis je suis allée aux toilettes. J'avais tellement de maquillage et une énorme robe avec plein de tissu. J'ai posé mes mains sur le lavabo et je me suis regardée dans le miroir en me disant : « Qui est-ce ? »", se souvient Emma. "Je ne me reconnaissais pas dans la personne que je voyais, et c'était un sentiment troublant."

Quand elle s'est inscrite à l'université de Brown en 2009, Emma a pensé à arrêter sa carrière d'actrice. "Je trouvais que j'avais atteint un point de non-retour en termes de célébrité. Je me suis dit que si je voulais arrêter, c'était le moment ou jamais", se souvient-elle. Quand elle est devenue adulte, elle a expliqué à une amie : "J'ai réalisé que c'est ce à quoi je devais m'attendre."

C'est une des raisons pour lesquelles l'actrice ne prend plus de selfies avec ses fans (en dehors des avant-premières et des tapis rouges).

Emma Watson, Vanity Fair

Tim Walker/Vanity Fair

"Pour moi, c'est la différence entre avoir une vie ou pas. Si quelqu'un prend une photo de moi et la poste, en deux secondes on sait où je suis à 10 mètres près. On peut voir ce que je porte et avec qui je suis. Je ne veux pas donner ce genre d'informations", explique-t-elle. En contrepartie, elle accepte de donner de son temps. "Je dis : « Je m'assois là et je réponds à toutes vos questions sur Harry Potter, mais pas de photo. » Je choisis avec soin les moments où je parle aux gens. Quand je suis dans un lieu propice aux stars ou quand je vais faire plaisir à quelqu'un. En revanche, je ne dis jamais non aux enfants."

Qui pourrait critiquer l'attitude d'Emma, compte tenu de ses démêlés avec des harceleurs ?

"J'ai rencontré des fans qui ont mon visage tatoué sur le corps. J'ai rencontré des gens qui ont utilisé les livres Harry Potter pour faire face au cancer", annonce-t-elle. "Je ne peux pas l'expliquer, mais le phénomène Harry Potter est à part. C'est presqu'une obsession. Pour arriver à accepter ce fait, je dois dire que ça n'arrive pas régulièrement. Les gens me demandent : « Vous avez parlé à Jodie Foster ou Natalie Portman ? Elles auraient de bons conseils par rapport au fait de grandir sous le feu des projecteurs. » Je ne dis pas que ça a été facile pour elles, mais avec les réseaux sociaux, c'est un monde complètement différent. Toutes les deux ont dit que la technologie a changé les choses."

Emma adore être actrice, mais elle n'est pas toujours fan de la célébrité. Et elle n'aime certainement pas parler de sa vie privée. "Je veux être cohérente : je ne peux pas parler de mon petit ami dans une interview et attendre que les gens ne me prennent pas en photo quand je sors de chez moi. On ne peut pas tout avoir." Elle s'assoit alors plus confortablement, hésite à terminer sa pensée et finit par dire : "J'ai remarqué qu'à Hollywood, la personne avec qui vous sortez finit par être liée à la promo de votre film et que ça devient un élément de ce cirque. Je détesterais que la personne avec qui je suis ait l'impression d'être un objet de spectacle ou un élément promotionnel."

Si certaines stars n'ont aucun problème à partager leur vie privée, Emma a un avis diamétralement opposé, et elle en est à un stade de sa vie où elle ne permettra à personne de compromettre son intégrité.

Cette nouvelle attitude affecte également ses choix de carrière. "Il y a eu des moments difficiles dans ma carrière où mon agent ou un producteur de film m'a dit : « Tu commets une grosse erreur. » Mais quelle est l'utilité d'avoir beaucoup de succès, si on a l'impression de perdre la boule ? J'ai dû leur dire : « Écoutez, j'ai besoin de retourner à l'école », ou « J'ai juste besoin de rentrer chez moi et de passer du temps avec mes chats »", explique Emma, qui a décliné le rôle principal dans La La Land de Damien Chazelle. "Les gens m'ont regardé en disant : « Elle est folle ? » Mais en fait, c'est le contraire de la folie."

Et parfois attendre est la bonne chose à faire. Quand les studios Walt Disney ont décidé de faire une adaptation en live-action de La Belle et la Bête, son dessin animé de 1991, Emma était tout en haut de la liste du réalisateur Bill Condon. Belle est "complètement une princesse Disney, mais elle n'est pas passive, elle prend son destin en main", explique-t-elle à Vanity Fair. "Quand j'ai terminé le film, j'ai eu l'impression d'être devenue une femme à l'écran."