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Gary Oldman

Albert L. Ortega/Getty Images

Que ça plaise ou non, Gary Oldman n'a pas eu peur de vider son sac.

L'acteur de 56 ans de RoboCop apparaît dans les pages du numéro de juillet/août 2014 de Playboy, où il s'insurge contre les magouilles du milieu hollywoodien, accuse l'Association hollywoodienne de la presse étrangère de corruption et bien plus encore.

"J'ai appris, au fil des années, que les gens ne sont pas très contents quand ils vous disent quel est leur film préféré de votre filmographie et que vous faites : «C'est vrai ? T'aimes ce navet ?» C'est le genre de choses que Sean Penn dirait. Alors, maintenant, je dis aux gens : «Merci, c'est gentil», et je passe à autre chose. Mais je me rappelle que John Lennon a dit que s'il le pouvait, il reviendrait dans le temps et brûlerait la majorité des titres des Beatles Il a dit qu'il referait tous ces titres, et je le comprends", explique-t-il. "J'aimerais bien enterrer la majorité de mes films et les recommencer à zéro." Oldman n'est pas très fier de son jeu dans la trilogie Dark Knight et la franchise Harry Potter.

Et Sid & Nancy, alors ? Le film qui a lancé Oldman en 1986 ?

"Je n'aime pas me voir dans ce film, non. Franchement, je ne voulais même pas le faire. On m'a poussé à le tourner à l'époque", se rappelle l'acteur. "Et maintenant, quand je zappe et que je tombe dessus, je fais : «Merde, c'est Sid & Nancy !» et je change vite fait." Et d'ajouter : "Je ne pense pas avoir bien joué Sid Vicious. Je n'aime pas ma tête dans Prick Up Your Ears. Je n'étais pas le bon choix pour jouer Beethoven et je l'ai refusé une demi-douzaine de fois."

Mais Oldman admet cependant qu'il y a eu "de très bonnes interprétations au fil de sa carrière". Par exemple, il est particulièrement fier de son travail dans JFK en 1991 et dans La Taupe en 2011. "Je peux regarder certains films et dire : «Cette scène était bonne» ou «J'essayais de rendre quelque chose», admet l'acteur.

"Maintenant, j'ai 56 ans, et si vous avez réussi à travailler aussi longtemps que moi, vous vous rendez compte que c'est les films dont le public se rappelle qui constituent votre carrière. Mais ce n'est pas votre vie. C'est qu'un boulot, finalement. Vous avez des responsabilités financières, vous avez des enfants, comme tout le monde", déclare l'acteur-réalisateur-pianiste, qui a été marié quatre fois et a trois fils. "Franchement, j'oublie que je suis un acteur jusqu'à ce qu'on me le rappelle."

À part pour toucher une somme rondelette, pourquoi Oldman a-t-il accepté de jouer dans La Planète des singes : l'affrontement ? "J'adore cette franchise", explique-t-il. "J'étais fan, comme tout le monde, des films originaux. J'ai trouvé que le scénario était très bien écrit." Contrairement aux autres films qui essaient de le tenter avec un gros cachet, explique-t-il, "celui-là avait un pédigrée".

Oldman, qui pense que "notre monde est tombé en enfer", qualifie également la télé-réalité de "musée du déclin social".

Comme on peut s'en douter, les opinions franches d'Oldman lui attirent parfois des ennuis. "Je pense seulement que le politiquement correct est du grand n'importe quoi. C'est ce que j'en pense", affirme-t-il. "Je trouve que c'est des con--ries. C'est bon."

Interrogé sur Mel Gibson, dont la carrière a connu un sacré coup après son arrestation pour conduite en état d'ébriété, Oldman soupire. "Il était bourré et a dit des trucs, mais on s'emporte tous. On est tous des sales hypocrites. C'est ce que j'en pense", déclare l'acteur britannique. "Les policiers qui l'ont arrêté n'ont jamais utilisé le mot «n---e» ou «ce put--- de Juif» ? Je parle franchement. C'est l'hypocrisie qui me rend fou. Ou je devrais peut-être reprendre ce que j'ai dit et dire «le mot qui commence par un N» et «le mot qui commence par un P» bien qu'il y ait deux mots qui commencent par un P maintenant."

Pour clarifier, il parle du mot de quatre lettres qui commence par un P.

"[Alec Baldwin] a traité quelqu'un de p--é dans la rue parce qu'il était en colère qu'on ne le laisse pas sortir tranquillement de son immeuble. On ne peut pas lui en vouloir", explique-t-il. "Et on porte plainte contre lui." (Baldwin a nié avoir traité un paparazzi de "p--é suceur de b-tes" en 2013. "Les analyses vocales prouvent qu'il a prononcé le mot "raté", explique-t-il.)

"Mel Gibson habite dans une ville dirigée par des Juifs alors il a prononcé le mot qu'il ne fallait pas, il n'aurait pas dû cracher dans la soupe. Mais il n'a plus besoin de soupe, parce qu'il a assez d'argent comme ça. Il est devenu un paria de la société, un lépreux, vous voyez ? Mais quel Juif dans son bureau n'a pas dit un jour : «Ces p--ains d'Allemands, ces sales je ne sais quoi ? On se cache tous pour essayer d'être corrects. Et c'est ce qui m'énerve le plus. C'est de l'hypocrisie pure et dure. Tout le monde voit ça et dit : «C'est choquant !» Oldman se reprend alors : "Bon, je devrais peut-être me taire. De quoi d'autre peut-on parler ?"

Quand on l'interroge sur le Pape, Oldman répond en plaisant : "Oh, ce p--ain de pape !"

"Cette interview a vraiment très mal tourné", s'est exclamé Oldman en rigolant et en enterrant sa tête dans ses mains. "Il va falloir couper la moitié de ce que j'ai dit, sinon je vais passer pour quelqu'un d'intolérant. Je défends les mauvaises personnes. Je dis seulement que Mel est un type bien. Alec est un type bien. Je passe pour quoi ? Un type coléreux ?" L'acteur enchaîne : "C'est la malhonnêteté qui m'énerve le plus. Je ne supporte pas quand on fait deux poids, deux mesures."

Oldman se penche alors sur l'Académie des arts et des sciences du cinéma. "Aux Oscars, si vous ne votiez pas pour 12 Years a Slave, vous étiez raciste. Il faut faire très attention à ce que vous dites", explique l'acteur. Il clarifie son point de vue : "J'ai des vues et des opinions très particulières qui ne sont pas partagées par la majorité du milieu, mais cela ne veut pas dire que je suis fasciste ou raciste. Je ne l'ai jamais été de ma vie."

Oldman suppose que gagner un Oscar aurait une certaine signification, "mais qui sait ?"

"Est-ce que ça a une signification de remporter un Prix Laurence Olivier ou un Tony ? Je suppose que c'est vos collègues qui vous félicitent, d'une certaine façon. Je sais que ça ne veut rien dire de gagner un Golden Globe, c'est certain", explique-t-il. "C'est une cérémonie inutile. L'Association hollywoodienne de la presse étrangère vous fait croire que ça compte. C'est vraiment ridicule. Ça ne compte pas du tout. C'est 90 personnes avec la trique. Tout le monde se soûle, tout le monde se lèche les bottes. Il faut boycotter ce truc, leur dire qu'on ne va plus jouer à leurs jeux ridicules. Les Oscars, c'est différent. Mais c'est du show-biz. Tout ça, c'est le show-biz. J'ai vraiment l'air aigri, non ?"

"Je ne sais pas", dit-il en se radoucissant. "Je n'ai jamais eu d'Oscar."

Selon l'acteur d'Air Force One : "C'est une sorte de club sélect. Je suis respecté, mais c'est toujours un peu comme ce qui arrive de l'autre côté du mur. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est comme de passer le rideau qui mène à la première classe. De temps en temps, je vois ce qu'ils mangent là-bas, mais après ça, on me ramène à mon siège."

"Ce que les gens ne savent pas, c'est que ça demande du travail, d'être une célébrité", déclare-t-il en parlant des avantages de la gloire. "Je ne parle pas des films. Je parle de l'autre aspect du métier. Il faut faire de la promo. C'est une autre partie de votre carrière, et j'aurais dû le faire un peu mieux. J'aurais peut-être un Oscar à présent, si je l'avais fait."