Amanda Bynes sans filtre : l'actrice évoque sa toxicomanie, ses tweets bizarres et son "monde sombre et triste"

"Je ne peux pas revenir en arrière mais si je pouvais, je le ferais", reconnaît l'actrice dans PAPER
par Zach Johnson | Traduit par David K | nov. 28, 2018 08:06Tags
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Amanda Bynes clarifie les choses et cette fois elle le fait en plus de 140 caractères.

L'actrice de 32 ans a choisi de le faire dans le numéro "Break the Internet" annuel du magazine PAPER. Aucun sujet n'a été mis de côté et Amanda revient sur son passé de toxicomane, parfois avec des détails embarrassants. Désormais "près de quatre ans après avoir décroché", grâce au soutien et à l'amour de ses parents, la star a l'intention de poursuivre ses études au Fashion Institute of Design and Merchandising de Los Angeles.

Ancienne enfant star de Nickelodeon, l'actrice est devenue populaire en passant au cinéma, avec des succès comme Méchant Menteur et Ce dont rêvent les filles. Mais c'est son rôle en 2006 dans She's the Man, où elle se déguise en homme, qui l'a menée à une "expérience particulière" après la fin du tournage. "Quand le film est sorti et que je l'ai vu, j'ai fait une énorme dépression pendant quatre à six mois parce que je n'aimais pas mon look en tant que garçon. Je ne l'ai jamais dit à personne", explique-t-elle, avant de prendre une pause. Amanda précise que le fait de se voir avec les cheveux courts et avec des pattes était "une expérience super étrange, comme si je sortais de mon corps". Elle ajoute : "Ça m'a vraiment déprimée."

Danielle Levitt/PAPER

L'actrice est devenue de plus en plus obsédée par son apparence quand elle a été choisie pour jouer dans Hairspray en 2007. C'est vers cette époque qu'elle se souvient avoir lu dans un article de magazine que Adderall était la "nouvelle pilule minceur", car certains des effets secondaires possibles du stimulant sont la perte d'appétit et la perte de poids.

"Ils expliquaient que des femmes en prenaient pour rester minces. Je me suis dit : « Bon, il faut que je m'en procure. »" Amanda explique avoir vu un psychiatre et avoir imité les symptômes du trouble de déficit de l'attention pour obtenir une ordonnance. Avec le recul, elle regrette d'avoir pris les pilules, surtout compte tenu de ses effets sur son travail dès le printemps 2010. "Quand je travaillais sur Bon à Tirer (B.A.T.), je me souviens que j'étais dans ma loge en train de mâcher de l'Adderall parce que je pensais que ça me faisait [plus planer]. Je me souviens que j'en mâchais plein et que j'étais distraite et dans l'impossibilité de me concentrer sur mes répliques", confesse-t-elle. "Ou même de les mémoriser."

Lakeshore Entertainment

Alors qu'elle était "littéralement en train de tripper", Amanda Bynes s'est vue dans le moniteur et a trouvé que son bras "avait l'air gros". Pas satisfaite de son apparence physique, la jeune femme a quitté le plateau en courant et n'est jamais revenue. Elle a décidé de renoncer à la comédie — c'était un "mélange entre le fait d'être si défoncée au point de ne pas me souvenir de mes répliques et le fait de ne pas aimer mon apparence", explique-t-elle  — mais elle insiste pour dire qu'elle n'a pas été virée. "Je suis partie. Ce n'était pas du tout professionnel de partir et de les laisser en plan alors qu'ils avaient dépensé tant d'argent pour le plateau, le personnel technique, le matériel et tout le reste."

Quelques mois après avoir quitté Bon à Tirer (B.A.T.) (et avoir été remplacée par Alexandra Daddario), Amanda est allée voir une projection d'Easy Girl et précise avoir eu "une réaction complètement différente de celle de tout le monde par rapport au film".

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Amanda Bynes : avant et maintenant

"Je ne supportais pas mon apparence dans le film et je n'aimais pas ma performance. J'étais absolument persuadée que je devais arrêter la comédie après avoir vu ça. J'étais défoncée au cannabis quand je l'ai vu, mais bizarrement ça a commencé à m'affecter", reconnaît la star, qui a commencé à fumer des joints à l'âge de 16 ans. "Je ne sais pas si c'était une psychose liée à la drogue ou non, mais ça a affecté mon cerveau d'une autre manière que ça affecte les autres. Ça a complètement changé ma perception des choses." Amanda a donc annoncé sa retraite via son compte Twitter à tout juste 24 ans. "Si je voulais prendre ma retraite [comme il le fallait], j'aurais dû le faire via un communiqué de presse, mais je l'ai fait sur Twitter. La classe !" L'actrice reconnaît qu'elle était "défoncée" et qu'elle avait commis une erreur "débile", avant d'ajouter : "J'étais jeune et stupide."

La star, qui déclare ne "jamais avoir apprécié le goût de l'alcool", a fini par s'essayer aux drogues comme la coke et l'ecstasy. "[J'ai essayé] la cocaïne trois fois, mais ça ne m'a jamais fait planer. Je n'ai jamais aimé ça. Ça n'a jamais été ma drogue préférée", révèle Amanda, qui admet "avoir vraiment abusé de l'Adderall". Après avoir pris sa retraite, Bynes a eu l'impression de "ne plus avoir de but dans la vie" et s'est perdue. "J'avais beaucoup de temps et je n'arrêtais pas de me droguer et j'étais stone toute la journée." L'ex-actrice a alors commencé "à traîner avec les mauvaises personnes" et à s'isoler de ses proches. Elle avoue : "J'étais vraiment à fond dans la drogue et c'est devenu un monde vraiment sombre et triste."

Screen Gems

(Amanda n'évoque jamais directement ses nombreuses arrestations ou séjours en cure de désintox dans l'article de PAPER.)

Pendant un moment, la star se défonçait et tweetait des messages incohérents, qui généraient des centaines de gros titres. "J'ai vraiment honte de ce que j'ai pu dire. Je ne peux pas revenir en arrière, mais si c'était possible, je le ferais. Et je suis vraiment désolée pour ceux que j'ai blessée et à qui j'ai menti parce que ça me fait vraiment mal. Je me sens vraiment horrible, ça me rend malade et tellement triste", ajoute-t-elle. "Tout ce pour quoi j'ai travaillé toute ma vie, je l'ai détruit via Twitter..."

À chaque fois qu'elle était défoncée, "c'est comme si un alien s'était emparé de mon corps", explique-t-elle.

Steven Hirsch/ Splash News

Ça faisait mal quand les "psychiatres de salon" observaient ses dérapages publics puis essayaient de donner un nom à ses problèmes. "Ce n'est vraiment pas marrant quand les gens vous trouvent une maladie en croyant savoir ce que vous avez. Ça m'a toujours beaucoup dérangée", reconnaît Amanda, tout en reconnaissant que son comportement était "si étrange" qu'elle comprend pourquoi le public essayait de trouver une logique derrière tout ça. "Si vous niez tout et que vous dites vraiment ce qu'il en est, on ne vous croit pas. En vérité, [mon comportement] était dû à la drogue, et à chaque fois que je décrochais, je redevenais normale."

Si ses "expériences" sont "finies depuis longtemps", elle espère que certains apprendront de ses erreurs. "Mon conseil à tous ceux qui souffrent d'addiction est d'être extrêmement prudent, car les drogues peuvent vraiment contrôler votre vie. Chacun est différent, évidemment, mais pour moi le mélange de cannabis et d'autres drogues, et parfois d'alcool, a vraiment troublé mon esprit. Ça a vraiment fait de moi une toute autre personne. En réalité, je suis quelqu'un de gentil. Je n'aurais jamais envie de dire ou de faire la moindre des choses que j'ai dite ou faite aux gens que j'ai blessés sur Twitter. Il y a des drogues d'initiation, et heureusement je n'ai jamais pris d'héroïne ou de meth ou un truc dans le genre, mais certaines choses que vous croyez inoffensives risquent de vous affecter de manière beaucoup plus nuisible", met en garde Amanda. "Faites vraiment, vraiment très attention parce que vous pourriez tout perdre et gâcher toute votre vie comme je l'ai fait."

Pour en savoir plus sur Amanda Bynes — et son envie de reprendre la comédie — procurez-vous un exemplaire du nouveau numéro de PAPER.