Seth Meyers, 2018 Golden Globes

Lloyd Bishop/NBC

Seth Meyers connaît la pression. Seth Meyers connaît les exigences. Et, ce soir, Seth Meyers connaît le succès. 

Les enjeux sont toujours très élevés pour le présentateur ou la présentatrice des Golden Globes — surtout depuis que Tina Feyet Amy Poehleront placé la barre aussi haut — mais cette année, les enjeux étaient astronomiques. Vu qu'il s'agissait du premier événement après le scandale qui a marqué Hollywood en 2017 et les révélations des femmes victimes d'abus sexuels, cette soirée allait forcément donner le ton au reste de la saison des cérémonies de récompenses. Et le monologue d'introduction allait aussi donner le ton à la soirée.

On s'attendait (ou, plus exactement, on exigeait) que ce monologue soit sérieux, sans être déprimant. Marrant, sans être insensible. Sagace, mais sans oublier que la vraie raison d'être de la soirée, c'est de rendre hommage au travail de tous les grands acteurs cette année. Une tâche pas facile, n'est-ce pas ?

Alors, pour donner le ton, Meyers a décidé de zapper complètement le numéro chorégraphié d'introduction et de faire ce qu'il sait faire de mieux : monter sur scène et livrer un monologue drôle et percutant. Tous ceux qui l'ont vu présenter le dîner des correspondants de la presse à la Maison Blanche y verront des similarités. 

Meyers a lancé la soirée en répondant à la question de savoir s'il allait parler du grand sujet du moment : "On est en 2018, et la marijuana est enfin autorisée et le harcèlement sexuel ne l'est enfin plus", a-t-il déclaré dans son monologue. "C'était l'année de Big Little Lies et de Get Out", un jeu de mots sur la série et le film nominés dont la traduction, "Grands petits mensonges" et "Sortez", font également référence au sujet controversé. 

Il a reconnu que ça faisait des années qu'un homme blanc n'avait pas eu aussi peur à Hollywood, ajoutant : "Pour les hommes présents ce soir dans la salle, c'est la première fois en trois mois qu'ils ne seront pas terrifiés d'entendre leur nom prononcé à haute voix."

Le maître de cérémonie, pour la première fois aux commandes des Golden Globes, n'a pas peur d'attaquer les gens dans son émission de fin de soirée, alors il a présenté la cérémonie avec la même ferveur. Le premier à se faire casser a été, bien évidemment, Harvey Weinstein

"Harvey Weinstein n'est pas ici ce soir, car j'ai entendu dire qu'il est fou et difficile au travail", a-t-il lancé sous les applaudissements. "Mais ne vous en faites pas, il reviendra dans 20 ans, quand il sera la première personne à se faire huer pendant la rubrique In Memoriam."

Ensuite, ça a été au tour de Kevin Spacey

"Il va y avoir une autre saison de House of Cards. Christopher Plummer est-il dispo pour le faire ?" a demandé Meyers. "J'espère qu'il sait prendre l'accent du sud, parce que Kevin Spacey n'y arrive pas du tout." 

Meyers a tenu à dire, avant la grande soirée de ce soir, qu'il ne comptait pas laisser les discussions sur les abus sexuels éclipser complètement le travail des acteurs que cet événement est censé honorer, alors il a fait des blagues obligatoires sur les films et les séries nominés cette année, sans oublier quelques piques. 

"Quand j'ai entendu dire qu'il s'agissait d'un film sur une jeune femme qui tombe amoureuse d'un monstre marin dégoûtant", a-t-il lancé en présentant La Forme de l'eau, "je me suis dit : « Oh non, encore un film de Woody Allen! »"

Il a aussi fait un petit clin d'œil à Pentagon PapersGet Out et Stranger Things, série qui lui rappelle son enfance, "mais seulement parce qu'un mec qui travaillait dans un magasin d'électronique sortait aussi avec ma mère".

Meyers a terminé son monologue sur une note plus sérieuse, en remerciant tous les militants qui accompagnaient les actrices à la cérémonie.

"On pourrait dire que cette salle est remplie de l'élite hollywoodienne privilégiée, mais tous les gens dans cette salle savent que Hollywood, c'est bien plus que cela", a-t-il expliqué. "Sur les plateaux de cinéma, vous voyez un tas de gens qui travaillent de longues heures, c'est le rêve américain. Les gens dans cette salle ont travaillé très dur pour y arriver, mais il est devenu très évident aujourd'hui que ces femmes ont dû travailler encore plus dur. J'ai hâte de vous laisser me conduire dans l'avenir, et merci de m'avoir laissé dire cela."

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