Le prince Andrew et la justice américaine s'affrontent dans l'enquête sur Jeffrey Epstein

Le ministère de la Justice américaine accuse le prince Andrew de continuer à ne pas coopérer dans l'enquête sur Jeffrey Epstein malgré ses déclarations publiques en ce sens.

par Cydney Contreras | Traduit par David K | juin 12, 2020 10:09Tags

Le prince Andrew n'a toujours pas participé au moindre entretien formel avec la justice américaine à propos de liens supposés avec le pédocriminel Jeffrey Epstein

Dans un nouveau communiqué publié lundi, le procureur américain Geoffrey S. Berman accuse le duc de York de continuer à ne pas répondre aux enquêteurs dans cette affaire. Cette annonce contredit la version des avocats du prince Andrew qui continuent d'avancer que leur client souhaite coopérer.

"Aujourd'hui, le prince Andrew a de nouveau cherché à faire croire au public qu'il était désireux et prêt à coopérer dans l'enquête criminelle fédérale au sujet du trafic sexuel et autres délits commis par Jeffrey Epstein et ses associés, bien que le prince n'ait participé à aucune audition avec les autorités fédérales et ait refusé à plusieurs reprises d'organiser une telle audition, nous informant il y a quatre mois de façon non équivoque, par le biais des mêmes avocats auteurs du communiqué d'aujourd'hui, qu'il ne participerait pas à une telle audition", a déclaré le procureur.

Geoffrey S. Berman a conclu ainsi : "Si le prince Andrew a bien l'intention de coopérer dans cette enquête fédérale, nos portes sont ouvertes, et nous attendons de savoir quand nous pouvons espérer le voir."

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Cette déclaration intervient alors que les avocats du membre de la couronne britannique prétendent que ce dernier a "offert son aide au moins à trois reprises en tant que témoin auprès du ministère de la Justice américaine".

Ils ajoutent : "Malheureusement, le ministère de la Justice américaine a réagi aux deux premières offres en violant son devoir de confidentialité et en accusant le duc de ne pas coopérer du tout. Ce faisant, il semble chercher davantage à se faire de la publicité qu'à accepter l'assistance offerte."

Mark Cuthbert/UK Press via Getty Images

Et pourtant, NBC News a annoncé lundi que le gouvernement américain demande officiellement l'aide du gouvernement britannique pour organiser un entretien avec le duc de York. Une source a précisé au journal télévisé que les autorités fédérales américaines souhaitent avoir accès à ce dernier par le biais du traité d'entraide judiciaire, une sorte d'assignation à comparaître. 

D'après les avocats du prince Andrew, leur client "n'a jamais été une « cible » dans l'enquête criminelle concernant [Jeffrey] Epstein". Selon eux, le ministère de la Justice américaine aurait déclaré précédemment que la participation du troisième fils de la reine Elizabeth II serait "volontaire". 

La justice américaine cherche à faire témoigner le duc de York à cause de ses liens avec Epstein, qui se serait suicidé en août 2019 en attendant d'être jugé pour trafic sexuel. 

Michel Euler-WPA Pool/Getty Imaes

Le prince est accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec Virginia Roberts Giuffre, alors âgée de 17 ans, qui déclare avoir été victime de trafic sexuel organisé par Epstein et Ghislaine Maxwell, son ex-compagne. Le membre de la royauté a toujours déclaré ne pas se souvenir l'avoir jamais rencontrée, et ce, en dépit d'une photo de lui avec l'adolescente qui aurait été prise chez Ghislaine Maxwell à Londres en 2001. 

"Je n'ai aucun souvenir de cette photo", avait précisé le duc de York dans une interview pour la BBC en 2019, allant même jusqu'à suggérer que le cliché avait été modifié. "Je ne me rappelle pas être monté à l'étage de cette maison, parce que la photo a été prise à l'étage, et je ne suis pas complètement convaincu que… ce soit moi dessus. On ne peut pas être certain que c'est bien ma main sur son… côté gauche."

La polémique entourant son amitié avec Epstein et sa réponse très critiquée aux accusations ont fini par contraindre le prince à ne plus être membre actif de la famille royale britannique.