J.K. Rowling défend ses commentaires polémiques et confie avoir été agressée sexuellement par le passé

L'auteure de la saga Harry Potter s'est fendue d'un long article de blog pour défendre ses tweets polémiques en révélant avoir été agressée sexuellement par le passé.

par emily belfiore | Traduit par David K | juin 11, 2020 11:53Tags
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J.K. Rowling défend ses commentaires controversés.

Mercredi, l'auteure de la saga Harry Potter s'est fendue d'un long article pour revenir sur ses tweets jugés transphobes. Elle en a profité pour dévoiler qu'elle avait été victime d'agressions sexuelles par le passé.

"Ce message n'est pas facile à écrire, pour des raisons qui vont rapidement vous apparaître clairement, mais je sais qu'il est temps pour moi de m'expliquer sur un sujet empreint de toxicité. J'écris ceci sans aucun désir d'ajouter à cette toxicité", a-t-elle commencé. "J'ai rencontré des personnes transgenres, j'ai lu divers ouvrages, des blogs et des articles de personnes transgenres, de spécialistes du genre, de personnes intersexuées, de psychologues, d'experts en protection, de travailleurs sociaux et de médecins, et j'ai suivi le débat en ligne et dans les médias traditionnels."

J.K. Rowling a poursuivi en partageant ses croyances, expliquant être "inquiète" de "l'explosion du nombre de jeunes femmes qui souhaitent faire leur transition, mais également du nombre croissant de personnes qui souhaitent faire une détransition".

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La romancière a ajouté : "Je me suis demandé, si j'étais née 30 ans plus tard, si j'aurais essayé de transitionner. L'envie d'échapper à une vie de femme aurait été énorme."

Pour revenir sur ses tweets polémiques, dans lesquels elle avait expliqué être choquée par l'expression "les gens qui ont leurs règles", extrait d'un article d'opinion d'un site de santé intitulé "Créer un monde plus égalitaire post-Covid-19 pour les gens qui ont leurs règles", J.K. Rowling a insisté pour dire qu'un tel "langage inclusif" était "hostile" aux femmes. 

"Mais, comme beaucoup de femmes l'ont dit avant moi, « être une femme » n'est pas un costume. Ce n'est pas une idée dans la tête d'un homme. Ce n'est pas un cerveau rose, une prédilection pour les Jimmy Choo, ou toute autre idée sexiste vendue comme progressiste", a-t-elle écrit. "De plus, le langage « inclusif » qui appelle les femmes des « menstruatrices » et des « personnes avec une vulve » est vu par beaucoup de femmes comme déshumanisant et avilissant. Je comprends que les militants transgenres trouvent ce langage approprié et bon, mais pour celles d'entre nous qui ont été victimes d'insultes dégradantes de la part d'hommes violents, ce n'est pas neutre, c'est agressif et aliénant." 

Walter McBride/WireImage

L'auteure à succès a ensuite détaillé son passé fait de violences conjugales et d'agressions sexuelles, expliquant que le traumatisme lié au fait d'avoir survécu à ces expériences a façonné ses sentiments à l'égard du droit des femmes et des problèmes des transgenres. 

"Je suis sous le feu des projecteurs depuis plus de 20 ans et je n'ai jamais parlé publiquement du fait d'avoir survécu à des violences conjugales et des agressions sexuelles. Ce n'est pas parce que j'ai honte de ce qui m'est arrivé, mais parce que c'est traumatisant de revenir dessus et de s'en souvenir." 

"Je n'en fais pas mention pour essayer d'attirer la sympathie, mais par solidarité avec le très grand nombre de femmes qui ont eu des histoires semblables à la mienne, qui ont été traitées de fanatiques parce qu'elles se soucient des espaces de même sexe", a-t-elle poursuivi. "Les cicatrices laissées par les violences et les agressions sexuelles ne disparaissent pas, peu importe qu'on soit aimée, et peu importe combien d'argent on a gagné."

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J.K. Rowling a encore précisé : "J'ai un sentiment viscéral de la terreur dans laquelle ces femmes transgenres auront passé leurs dernières secondes sur la Terre parce que moi aussi j'ai connu des moments de peur aveugle quand j'ai réalisé que la seule chose qui me maintenait en vie était la retenue fragile de mon agresseur." 

En conclusion de son article, l'auteure a demandé aux fans et aux critiques de faire preuve de plus d'empathie envers tout le monde à l'avenir : "Voici la dernière chose que je souhaite dire. Je n'ai pas écrit ceci dans l'espoir que quelqu'un sorte un violon pour moi, même un tout petit. Tout ce que je demande, tout ce que je veux, c'est que cette même empathie, cette même compréhension s'applique aux millions de femmes dont le seul crime est de vouloir que leurs préoccupations soient entendues sans recevoir de menaces ou d'injures."