Le procureur général Keith Ellison explique les accusations contre les policiers dans l'affaire G. Floyd

Jeudi, le procureur général Keith Ellison a expliqué les accusations contre les trois autres policiers dans l'affaire G. Floyd, ainsi que la requalification des faits reprochés à Derek Chauvin.

par Samantha Schnurr | Traduit par David K | juin 05, 2020 10:54Tags

Pourquoi de nouveaux chefs d'accusation ont-ils été portés à l'encontre des officiers de police impliqués dans la mort de George Floyd, et que signifient-ils ?

Mercredi, Keith Ellison, procureur général du Minnesota, qui conduit l'accusation dans l'affaire Floyd, a annoncé poursuivre pour complicité d'homicide involontaire J.A. KuengThomas Lane et Tou Thao, les trois anciens policiers de Minneapolis qui ont procédé à l'arrestation fatale de George Floyd, avant d'être renvoyés, mais qui n'avaient pas été encore inculpés suite à sa mort. Ils ont été depuis arrêtés. Le procureur a aussi annoncé qu'il avait requalifié les faits à l'encontre de Derek Chauvin, désormais accusé de meurtre non prémédité et non plus d'homicide involontaire. 

Jeudi, lors d'une visioconférence pour Good Morning America, Keith Ellison est revenu dans le détail sur les accusations et ce qui devra être prouvé pour obtenir une condamnation. En évoquant l'accusation de meurtre non prémédité contre Chauvin, il a indiqué qu'une intention de tuer n'était pas nécessaire pour une inculpation. 

"Il faut qu'il y ait une intention de commettre une agression et qu'elle se soit soldée par la mort de George Floyd", a-t-il fait savoir au journaliste américain George Stephanopoulos. "Ce n'est pas un des éléments de ce chef d'accusation."

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Quant au fait que certains demandent à ce que l'ex-policier soit mis en examen pour meurtre, ce qui implique une préméditation, Keith Ellison a expliqué l'avoir "inculpé du crime le plus grave que nous estimons possible à ce stade".

"Nous l'inculperons de tout chef d'accusation que les faits et la loi nous permettront", a-t-il précisé. "Nous ne craignons personne et nous ne faisons preuve d'aucun favoritisme. Si les faits montrent qu'il y a eu préméditation et une volonté, et que nous pouvons présenter ça de bonne foi devant un jury, il est évident que nous le ferons."

Concernant les charges qui pèsent contre les trois autres officiers de police, le procureur du Minnesota a ajouté qu'il faut prouver "qu'ils ont aidé, et on peut utiliser la vidéo pour voir qui est situé où et voir l'aide significative et importante qui a été apportée à ce que faisait Chauvin, et nous pouvons aussi voir ce qui n'a pas été fait, que malgré les supplications et les cris, il n'y a pas eu d'assistance, donc nous pensons qu'ils sont fautifs dans le sens où ils ont aidé à commettre ce délit, et c'est pourquoi ils sont mis en examen."

George Stephanopoulos en a profité pour rappeler que George Floyd souffrait de plusieurs affections au moment de sa mort, comme l'a souligné le bureau du médecin légiste du comté de Hennepin lors de l'autopsie. Il a noté une "cardiopathie artériosclérotique et hypertensive ; une intoxication au fentanyl ; et une ingestion récente de méthamphétamine". 

Hennepin County Sheriff

"Est-ce que cela pose problème dans votre affaire ?", a demandé le journaliste au procureur.  

Et Keith Ellison de répondre : "On prend la victime telle qu'elle est. On ne peut pas dire que si la personne qu'on agresse n'était pas en parfaite santé, c'est de sa faute si elle morte entre nos mains. On prend les victimes comme elles sont, et je pense que c'est un facteur qui ne devrait pas compter, mais on ne sait jamais ; c'est le genre de choses que des avocats de la défense vont essayer d'utiliser. Pour notre part, nous ne pensons pas que cela a de l'importance en matière de cause directe. Les deux rapports des médecins légistes que nous avons vus indiquent un homicide, la mort d'un individu des mains d'un autre, donc nous pensons que c'est ce qui compte le plus."

Quand on lui demande s'il pense pouvoir obtenir une condamnation dans cette affaire, compte tenu de la difficulté de gagner dans des cas de violence policière, Keith Ellison a répondu : "Oui, absolument."

"Nous pensons avec confiance pouvoir y parvenir, mais nous sommes bien conscients du défi qui nous attend, c'est pourquoi nous travaillons d'arrache-pied."