Emilia Clarke a décidé de raconter les problèmes de santé qu'elle a vécus.

Dans une tribune intitulée "A Battle for My Life" (Un combat pour ma vie) publiée sur le site du New Yorker jeudi, la star de Game of Thrones révèle qu'elle a frôlé la mort. Clarke démarre cet article très personnel en 2011, expliquant que pour déstresser après avoir tourné la première saison de la série, elle a commencé à s'entraîner avec un coach.

"Le matin du 11 février 2011, je m'habillais dans les vestiaires d'une salle de sport à Crouch End, dans le nord de Londres, quand j'ai commencé à sentir un gros mal de tête arriver", écrit Clarke. "J'étais tellement épuisée que j'avais du mal à mettre mes baskets. Quand j'ai commencé ma séance d'entraînement, j'ai dû me forcer pour faire les tous premiers exercices."

"Puis mon entraîneur m'a fait faire la planche, et j'ai immédiatement éprouvé la sensation qu'un élastique me comprimait le cerveau. J'ai essayé d'ignorer la douleur et de continuer, mais je n'y arrivais pas. J'ai dit à mon entraîneur que j'avais besoin de faire une pause", explique l'actrice de 32 ans. "Je ne sais pas comment, presque en rampant, j'ai réussi à retourner aux vestiaires. Je me suis approchée des toilettes, je me suis écroulée à genoux et j'ai commencé à être violemment malade. Pendant ce temps-là, la douleur — fulgurante, intense, contraignante — empirait. C'est comme si je savais ce qui m'arrivait : mon cerveau était endommagé."

Emilia Clarke, 2018 Emmys, 2018 Emmy Awards, Red Carpet Fashions

Jordan Strauss/Invision/AP

Clarke explique qu'elle a tout fait "pour que la douleur et la nausée disparaissent". Elle a même essayé de se rappeler certaines répliques de Game of Thrones pour faire marcher sa mémoire.

Clarke a alors été conduite à l'hôpital en ambulance, où on lui a fait passer une IRM.

"Le diagnostic a été rapide et sinistre : une hémorragie méningée, un type d'AVC qui peut vous coûter la vie, causé par un saignement dans l'espace entourant le cerveau. Je venais d'avoir une rupture d'anévrisme", écrit Clarke. "Comme je l'ai appris par la suite, un tiers des patients qui vivent cela meurent immédiatement ou peu après. Pour les patients qui survivent, un traitement urgent est nécessaire pour refermer la rupture d'anévrisme, vu qu'il existe un très haut risque d'avoir une deuxième rupture, souvent fatale. Si je voulais survivre et éviter d'énormes déficiences, j'avais besoin d'une opération urgente. Et quand bien même, il n'y avait aucune garantie."

Après ce diagnostic, Clarke, qui n'avait que 24 ans à l'époque, a été transportée au National Hospital for Neurology and Neurosurgery de Londres, où elle a subi une opération du cerveau.

Emilia Clarke, Game of Thrones

Macall B.Polay/HBO

"L'opération dura trois heures. Quand je me suis réveillée, la douleur était insupportable. Je ne savais pas où je me trouvais", se rappelle Clarke. "Mon champ de vision était réduit. J'avais un tube dans la gorge, j'étais déshydratée et j'avais la nausée. On m'a sortie des soins intensifs au bout de quatre jours et on m'a informée que le plus grand challenge était de passer les deux semaines. Si j'arrivais à survivre aussi longtemps avec un minimum de complications, mes chances de guérison seraient élevées."

La situation a empiré quand, un soir, Clarke n'arrivait plus à se souvenir de son nom.

"Je souffrais d'aphasie, une conséquence du traumatisme subi par mon cerveau", explique Clarke. "Même quand je disais des choses incompréhensibles, ma mère avait la gentillesse de l'ignorer et essayait de me convaincre que j'étais parfaitement lucide. Mais je savais que je bafouillais. Dans les pires moments, je voulais être débranchée. J'ai demandé au personnel médical de me laisser mourir. Mon travail — ce que j'imaginais que pourrait être ma vie — était entièrement centré sur le langage, la communication. Sans cela, j'étais perdue."

Après une semaine en soins intensifs, l'aphasie est passée.

Avant de reprendre le travail, Clarke a été prévenue qu'une "plus petite rupture d'anévrisme" de l'autre côté du cerveau pourrait se déclarer à tout moment.

"Mais les médecins m'ont dit que ce serait minime et qu'il était possible qu'elle reste indéfiniment passive et inoffensive", écrit Clarke. "Ils devaient me surveiller de près, c'est tout."

"J'ai parlé de mon état de santé aux patrons de « Thrones », mais je ne voulais pas être le sujet d'une discussion et d'une dissection publiques. Le spectacle doit continuer !" écrit Clarke. "Avant de commencer le tournage de la deuxième saison, je me sentais peu sûre de moi-même. Je me sentais tellement vaseuse, tellement faible, que je pensais que j'allais mourir."

Sur la saison deux, "pour être honnête, chaque minute de chaque journée, je pensais que j'allais mourir".

Après avoir terminé trois saisons de la série, Clarke a joué Holly Golightly sur Broadway. À New York, Clarke a passé un scanner du cerveau qui montra que "la grosseur de l'autre côté du cerveau avait doublé de volume". Il fallait qu'elle se fasse opérer.

Mais quand elle se réveilla après l'opération, elle "hurla de douleur".

"L'opération avait raté", explique Clarke. "J'avais une énorme hémorragie et les médecins m'ont bien fait comprendre que j'avais très peu de chances de survivre s'ils ne m'opéraient pas à nouveau. Cette fois, ils ont eu besoin d'accéder à mon cerveau en utilisant la bonne vieille méthode : par le crâne. Et l'opération devait se faire immédiatement."

Elle raconte que la convalescence était "encore plus douloureuse" qu'après la première opération. Elle passa un autre mois à l'hôpital. Clarke ajoute qu'elle a nié le fait d'avoir été opérée dans le passé, mais qu'elle tenait aujourd'hui à dire la vérité.

"Les années qui ont suivi ma deuxième opération, je me suis rétablie encore mieux qu'on l'avait espéré", explique-t-elle à ses fans. "Je suis entièrement guérie maintenant."

Clarke a aidé à mettre en place l'association caritative SameYou, qui fournit des soins aux gens qui se remettent de lésions cérébrales et d'AVC.

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