R. Kelly, CBS This Morning

CBS/CBS This Morning

R. Kelly a parlé. 

Le chanteur, qui a plaidé non coupable de dix chefs d'accusation pour abus sexuels aggravés le mois dernier, vient de s'exprimer pour la première fois sur les charges qui pèsent contre lui et les différentes allégations auxquelles il fait face depuis ces dernières années, lors d'un entretien télévisé avec la journaliste Gayle King pour CBS This Morning.

Après avoir montré des extraits de l'interview mardi soir, la chaîne américaine a commencé à diffuser quelques parties de la longue conversation que le chanteur a eu avec la journaliste mercredi. L'interview n'est pas passée inaperçue, puisqu'on y voit la star aux trois Grammys visiblement très émue, allant jusqu'à hausser sérieusement le ton et à fondre en larmes tout en niant les faits qui lui sont reprochés. "Ce n'est pas moi ! Je me bats pour ma vie, pu**** !", déclare-t-il face caméra. 

Voici quelques-uns des moments choc de ce que nous avons vu de l'interview pour le moment :

1. "Je ne sais même pas ce qu'est une secte."

Alors qu'il répondait à des questions concernant ses "mensonges" présumés, R. Kelly a répondu à Gayle King ne pas savoir exactement ce qu'est une secte, tout en déclarant : "Je sais que je n'en dirige pas une." Les soupçons de secte le concernant remontent à 2017. 

La journaliste a demandé au chanteur : "Dites-moi si je me trompe, mais avez-vous déjà retenu quelqu'un contre son gré ?" La star a immédiatement répondu : "Je n'ai pas besoin de faire ça. Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Ce serait vraiment stupide de la part de R. Kelly, avec tout ce que j'ai enduré, par le passé, de retenir quelqu'un contre son gré, a fortiori 4, 5, 6, 50, comme vous dites, il faudrait vraiment être stupide, non ? C'est stupide !"

S'adressant directement à la caméra, R. Kelly a poursuivi : "C'est stupide ! Servez-vous de votre bon sens. Peu importe ce que vous pensez de moi. Vous pouvez me haïr, si vous voulez, ou m'aimer, si vous voulez, mais faites preuve de bon sens. Ce serait vraiment stupide de ma part, avec mon drôle de passé et ce que j'ai enduré... Tout d'un coup, je me dis que je devrais être un monstre et détenir des filles contre leur gré, les enchaîner dans mon sous-sol et les empêcher de se nourrir, de sortir, à moins qu'elles veuillent aller chercher des chaussures en bas de la rue chez leur oncle. Il faut arrêter." 

2. "Le pouvoir des réseaux sociaux." 

Après que le chanteur de R&B a prétendu que toutes les femmes qui se sont exprimées dans le documentaire en plusieurs parties Surviving R. Kelly, diffusé sur la chaîne Lifetime, "mentaient à [son] sujet", Gayle King lui a alors demandé comment se fait-il que leurs histoires sur les abus qu'elles auraient subis soient aussi similaires. R. Kelly s'en est alors pris aux réseaux sociaux. 

"On peut faire courir une rumeur sur un type comme moi ou sur une célébrité. Il suffit juste d'appuyer sur un bouton de votre portable et de dire que quelqu'un vous a fait ceci ou cela, du genre « R. Kelly m'a fait ça ». Si on vous écoute grâce à ça, si vous pouvez écrire un livre grâce à ça, si vous pouvez avoir une télé-réalité grâce à ça, alors n'importe quelle fille avec qui j'ai eu une relation par le passé avec qui ça n'a pas marché peut dire la même chose", a-t-il fait savoir à la journaliste de CBS. "Je parle du pouvoir des réseaux sociaux."

3. "Je ne suis pas Lucifer."

Après avoir nié avoir jamais enfreint la loi en matière de femmes, R. Kelly est revenu sur le film de Lifetime. "Si vous regardez attentivement le documentaire… tout le monde dit du mal de moi. Personne n'a rien dit de positif. Ils décrivaient Lucifer. Je ne suis pas Lucifer", s'est-il défendu. "Je suis un homme. Je fais des erreurs, mais je ne suis pas le diable et encore moins un monstre."

4. "Absolument pas."

Au cours de l'entretien, R. Kelly a nié à plusieurs reprises avoir jamais fait quelque chose d'illégal à des femmes ou avoir eu des relations sexuelles avec des mineures. "Non", n'a-t-il cessé de répéter à Gayle King. Il a aussi fait remarquer qu'il y a de "vraies jeunes filles qui sont kidnappées et violées". 

5. "J'ai besoin d'aide."

"J'ai besoin d'aide. Voici l'aide dont j'ai besoin. J'ai besoin que quelqu'un m'aide à ne pas avoir un grand cœur parce qu'il est immense", a-t-il avoué à Gayle King. "Les gens me trahissent et je continue de les pardonner."

Quand la journaliste lui a fait savoir qu'il se faisait passer pour une victime, R. Kelly lui a rétorqué qu'il ne faisait que dire la vérité et que c'était la première fois qu'il pouvait s'exprimer. 

Un peu plus tard au cours de l'entretien, le chanteur a reconnu qu'il avait besoin de suivre une thérapie. "À ce stade, je suis en train d'y réfléchir." Quand la journaliste lui a parlé du fait qu'il avait été victime d'agressions sexuelles enfant, l'intéressé a répondu que ça n'avait "absolument pas" affecté son comportement, mais que les problèmes liés à son passé avaient eu une influence sur sa musique. 

6. "Je les aime."

Au cours de l'interview, Gayle King a demandé à R. Kelly de décrire sa relation avec les deux femmes qui partagent actuellement sa vie, Azriel Clary, 21 ans, et Joycelyn Savage, 23 ans. "Je les aime et ce sont mes petites amies, on est en couple. C'est réel et j'ai connu toute ma vie des gars avec cinq ou six femmes, alors n'allez pas sur ce terrain parce que c'est la vérité." Concernant leur jeune âge, le chanteur a rétorqué : "Je ne le vois pas comme des personnes « beaucoup plus jeunes », mais juste comme des personnes « majeures »."

L'ex-mari d'Aaliyah nie avoir eu des relations sexuelles avec Azriel Clary quand elle avait 17 ans, une accusation dont ses parents auraient la preuve, selon Gayle King. "Même si ses parents voulaient que ce soit le cas", a déclaré R. Kelly. Les parents de la jeune femme se sont exprimés à de nombreuses reprises dans les médias et dans le documentaire contre le chanteur et n'ont cessé de tenter de rentrer en contact avec leur fille.

R. Kelly a ajouté : "Quel genre de père ou de mère vendrait sa fille à un homme ?... Comment se fait-il que j'avais le droit de les voir jusqu'à ce qu'ils ne reçoivent plus d'argent ? Pourquoi emmener sa fille... Si j'emmène ma fille de 19 ans voir un concert d'une icône de 49 ans, à un concert de R. Kelly ou qui que ce soit... je ne l'abandonnerai pas sur scène. Je l'emmènerai voir le concert. Leur père est plus un fan de ma musique et connaît mieux ma musique qu'elles."

La journaliste a alors tenté de clarifier les propos du chanteur en lui demandant : "Vous êtes en train de dire que les parents vous ont confié leurs filles Azriel et Jocelyn ? C'est ce que vous nous dites ?"

"Absolument", a répondu R. Kelly. "Est-ce que les caméras tournent encore ? Absolument."

Angelo et Alice Clary ont répliqué dans une déclaration : "Nous n'avons jamais reçu un centime de la part de R. Kelly. Nous n'avons jamais demandé d'argent à R. Kelly. Et nous n'avons jamais « vendu » notre fille à R. Kelly ou à qui que ce soit d'autre. R. Kelly est un menteur invétéré et un agresseur de jeune fille en série qui mérite de finir ses jours en prison. Les victimes et les parents ne peuvent pas tous mentir."

Lors d'une conférence de presse mercredi, les parents de Joycelyn ont également rejeté l'affirmation de Kelly. "Les allegations de la part de M. Kelly à l'encontre de ma famille sont horribles", a dit son père, Timothy Savage. "Nous somme une famille solide, nous tenons à notre fille. Depuis le premier jour, la seule chose qui nous importait était de pouvoir voir notre fille, de pouvoir lui parler et s'assurer qu'elle va bien." 

"Cette famille n'a à aucun moment vendu sa fille ou fourni sa fille à qui que ce soit contre de l'argent ou quoi que ce soit d'autre", a répété leur avocat. 

7. "C'est des put**** de mensonges pour de l'argent."

Azriel Clary et Joycelyn Savage ont également été interviewées et une partie de cet entretien a été diffusé mercredi, montrant cette dernière visiblement très émue et remontée. "Je pleure parce que vous ne connaissez pas la vérité. Vous croyez les put***** de déclarations de nos parents. C'est des put**** de mensonges pour de l'argent", a-t-elle avancé en larmes. "Si vous ne le voyez pas, c'est que vous êtes ignorants et stupides."

8. "Je veux avoir une relation avec mes enfants."

Au cours du long entretien, R. Kelly a avoué à Gayle King qu'il n'était pas préoccupé pour sa carrière, mais qu'il voulait se battre pour ses droits et avoir une vraie relation avec ses enfants. Il a deux fils et une fille nés d'un précédent mariage avec Andrea Lee. "Je veux avoir une relation avec mes enfants parce que j'ai manqué beaucoup d'années de leur vie. Ils m'aiment. Je les aime", a-t-il reconnu au micro de la journaliste, même s'il a estimé qu'on leur avait mis la "pression" pour qu'ils ne restent pas en contact avec lui. Sa fille de 21 ans, qui se fait appeler Buku Abi, s'est déjà exprimée à propos de son père, expliquant qu'elle ne l'a pas vu et qu'elle ne lui a pas parlé depuis des années et qu'elle n'excuserait jamais ce qu'il aurait pu faire de négatif. Quand Gayle King a demandé à R. Kelly comment il réagirait si sa fille avait subi les comportements dont on l'accuse, il a répondu : "Je devrais m'arrêter après avoir fait ce que j'avais à faire."

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