Les 7 moments chocs des Golden Globes 2019

Sandra, Rami, Satan, rien ne va et tutti quanti ! La 76e cérémonie des Golden Globes nous a réservé bien des surprises
par Natalie Finn | Traduit par Françoise Sawyer | janv. 07, 2019 11:13Tags
Rami Malek, Sandra Oh, Christian Bale, 2019 Golden Globes, Golden Globe Awards, WinnersPaul Drinkwater/NBCUniversal

On croirait rêver.

Un an après qu'un certain air de solennité se soit emparé, à juste titre, de ce qui est généralement la soirée la plus folle des remises de prix hollywoodiennes, une ambiance bon enfant s'est à nouveau installée sur la cérémonie. Co-présentés par Sandra Oh et Andy Samberg ce dimanche, les Golden Globes 2019 étaient encore plus sympathique que d'habitude.

Finalement, toutes ces bonnes ondes nous ont fourni un coussin nécessaire pour amortir les chocs. Il semblerait aussi que les Golden Globe Awards ne cherchent plus à être les messagers des prochaines victoires aux Oscars. Au contraire, ils ont brouillé les pistes, en remettant leur plus grand prix à un film qui n'a pas été encensé par la critique. Mais comme la distribution est nominée également aux SAG Awards, tout est possible.

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Golden Globes 2019 : les vainqueurs

1. Une autre étoile est née : ironiquement, ce conte parfaitement hollywoodien n'a pas charmé la Hollywood Foreign Press Association. On n'est plus très loin des paroles de "Shallow", la chanson du film qui, justement, est le seul prix remporté par A Star Is Born de la soirée.

Personne ne s'attendait à ce qu'ils raflent tout, surtout qu'Alfonso Cuarón était à nouveau nominé pour Roma. Et peu importe de quelle direction vient le vent, mais on a quand même eu un vrai choc d'entendre Bohemian Rhapsody élu Meilleur film dramatique au lieu... d'autres films. Surtout A Star Is Born, qui n'a remporté qu'un prix sur cinq.

Il est dur d'imaginer que les Oscars feront la même chose et l'éliront Meilleur film de l'année, mais Rami Malek, qui interprète le grand et énigmatique Freddie Mercury et qui a été encensé par tous les critiques du film, à juste raison, se rapproche un peu plus de l'Oscar.

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2. Le mal incarné : on a souvent remercié Dieu aux remises de prix au fil des années — bien qu'aux Oscars, Steven Spielberg a été bien plus souvent mentionné. Nouvel arrivé dans la liste — et on devrait commencer à compter — voici Satan, que Christian Bale a remercié chaleureusement pour l'avoir inspiré à incarner l'ex-vice-président américain Dick Cheney dans Vice. L'acteur gallois s'est rendu encore une fois méconnaissable et, sans surprise, il est reparti avec le Golden Globe du Meilleur acteur dans une comédie musicale ou une comédie.

"Le réalisateur Adam McKay a déclaré : « Je devais trouver quelqu'un qui devait être dénudé de charisme et haï de tous... » Merci à tous mes concurrents, je vais dominer le marché des co--ards sans charisme", a promis Bale, qui avait repris son apparence habituelle. "Qu'en pensez-vous ? Mitch McConnell après ? Ce serait pas mal, non ?"

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Golden Globes 2019 : le tapis rouge

Il a aussi commencé son discours en annonçant d'un ton badin : "Quelle bande de chanceux on fait, on gagne notre vie en faisant ce qu'on aime." Il a aussi surnommé ses enfants "banane et burrito". Il va avoir du mal à trouver mieux pour son discours des Oscars.

Cela vaut aussi pour la Meilleure actrice dans une comédie musicale ou une comédie, la comédienne britannique de renom Olivia Colman (que l'on reverra aux prochains Emmys et Golden Globes, vu que ce sera la nouvelle reine Elizabeth II dans The Crown). Elle a appelé ses covedettes Emma Stone et Rachel Weisz "mes garces" en faisant un clin d’œil à leurs personnages sournois dans La Favorite, film dans lequel Colman incarne la reine Anne.

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3. Bravo, Oh : Sandra Oh n'a pas eu besoin de cacher sa joie lors de la seconde moitié de la cérémonie. L'ex-star de Grey's Anatomy et co-présentatrice des Golden Globes a remporté le prix de la Meilleur actrice dans une série dramatique pour son interprétation tout en nuances d'un agent des services secrets britanniques qui finit par vouloir capturer et connaître la femme qu'elle traque dans la série captivante et parfois hilarante de BBC America, Killing Eve.

Au début de la soirée, Sandra Oh a livré l'une des meilleures blagues du monologue, une imitation silencieuse d'une maman asiatique peu impressionnée réagissant au succès de Crazy Rich Asians. La maman et le cher papa de Sandra Oh ont beaucoup souri, par contre, quand ils ont vu leur fille marquer une page de l'histoire et devenir la première actrice asiatique à remporter un Golden Globe dans la catégorie Meilleure actrice dans une série dramatique.

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4. Grande différence six ans après que le Mariage Rouge décime la maison Stark, Richard Madden a passé une bien meilleure soirée aux Golden Globes. Il a remporté le prix du Meilleur acteur dans une série dramatique pour son interprétation onirique mais tendue, crispée mais captivante dans le méga-succès de la BBC, Bodyguard, que les USA ont pu suivre sur Netflix. 

"Merci beaucoup. Je ne m'y attendais pas du tout", a lancé l'acteur écossais avec humilité, ayant vraiment l'air surpris. Il a terminé sa liste de remerciements en remerciant "avant tout, mes amis et ma famille, ma mère et mon père qui ont fait le voyage d'Écosse et sans qui je ne serais pas ici".

Ainsi, la maison Madden hisse son drapeau en signe de triomphe.

5. Méthode Actors Studio : L'avant-gardisme de toutes les autres séries dans cette catégorie s'est peut-être auto-annulé, laissant ainsi le bon vieil humour de The Kominsky Method remporter le prix de la Meilleure série comique. Il est vrai que la Hollywood Foreign Press Association adore aussi Michael Douglas. Cette victoire de Meilleur acteur dans une série comique représente le quatrième Golden Globe de sa carrière, en comptant le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière en 2004.

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Golden Globes 2019 : les Instagrams et Twitpics

Même si The Good Place ou Barry méritaient de gagner, c'était sympa de voir le créateur de la série, Chuck Lorre — qui a l'habitude des séries à succès mais connaît moins bien l'éloge des critiques — devenir émotif. "Cela ne m'arrive jamais", a-t-il lancé. "Personne ne pleure pour moi [et ses millions], mais c'est spectaculaire."

Et si vous ne choisissez pas un acteur chevronné comme Douglas, vous n'obtenez pas des discours du genre : "Je dois le dédier à mon père de 102 ans, Kirk... Les vieux croulants sont les meilleurs !"

Préférant généralement les nouvelles séries (voir la liste ci-dessus), les Golden Globes ont rattrapé le temps perdu en nommant The Americans Meilleure série dramatique après sa dernière saison. Un choix évident.

6. La reine : la reconnaissance très méritée de Regina King passe dans sa période cinématique. Celle qui détient déjà trois Emmy Awards vient de remporter le prix de Meilleur second rôle féminin dans un film pour Si Beale Street pouvait parler. Cela nous intrigue encore plus qu'elle ait été snobée aux SAG Awards, mais ça l'aide aussi à se rapprocher de l'Oscar.

"C'est fantastique", s'est-elle émerveillée en montant sur scène. Elle a alors juré de se servir de cette victoire pour employer une équipe à moitié féminine sur chacun des projets qu'elle produira ces deux prochaines années. "Time's Up encore une fois", a lancé King... "On sait que nos micros sont grands et nous parlons pour tout le monde."

"Regina, on est dispos", a lancé Megan Mullally, qui est arrivée après cela pour présenter avec Kristen Bell.

7. C'était moins une : Beaucoup se sont demandés cette année si Glenn Close allait enfin décrocher l'Oscar qu'elle mérite depuis si longtemps pour The Wife, mais personne n'était plus surpris que celle qui a été nominée 14 fois aux Golden Globes d'entendre son nom ce soir. C'était sa troisième victoire aux Golden Globes, mais la première pour un film.

"Cela s'appelait The Wife... c'est sûrement pour cela que ça a pris 14 ans à se concrétiser", a-t-elle lancé en plaisantant. Mais en continuant sur la lancée de Regina King en début de soirée, Close a tenu à souligner l'importance de pousser les femmes à réaliser leurs ambitions.

Elle a rendu hommage à sa maman, qui lui a dit dans les années 80 : "J'ai l'impression de n'avoir rien accompli", s'est rappelée Close. "Et ce n'était pas juste. Je pense que cette expérience m'a appris des choses, les femmes s'occupent des autres, c'est ce qu'on attend de nous... Mais il faut qu'on accomplisse quelque chose de personnel. On doit suivre nos rêves. On doit dire : « Je peux le faire et je devrais être autorisée à le faire »".

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