Larry Nassar, Randall Margraves, Court

Cory Morse/The Grand Rapids Press via AP

MISE À JOUR : Randall Margraves et sa famille ont donné une conférence de presse. Un représentant a lu une lettre d'excuses, disant que Margraves "voulait protéger ses filles. Il regrette profondément ses agissements d'aujourd'hui".

"J'aimerais qu'on sache que je ne suis pas un héros. Mes filles sont les vraies héroïnes, ainsi que toutes les victimes qui ont survécu à ces atrocités", a déclaré Margraves. "Ce matin, je me suis levé avec l'intention d'aller travailler. Je comptais m'arrêter au tribunal pour les soutenir. Je savais que mes filles allaient faire une déclaration sur le traumatisme qu'elles ont subi. Je ne savais pas ce qu'elles allaient déclarer. On s'est avancés, Sherri, leur mère, et moi, pour soutenir nos deux filles. Quand j'ai entendu ce qu'elles ont déclaré, j'ai vu Larry Nassar qui secouait la tête, et c'est là que j'ai perdu mon sang-froid."

"Je n'encourage personne à faire ça, j'ai beaucoup de remords, je m'excuse, j'ai eu honte", a-t-il déclaré. "Je remercie la juge Cunningham et le système judiciaire de s'être montrés indulgents envers moi. On ne doit pas devenir une société sans foi ni loi, je le sais. Je me suis emporté, mais je me suis ressaisi plus tard, dans une cellule en garde à vue."

Et d'ajouter : "Je vais vous dire que je crois en la toute-puissance du Seigneur, je crois au paradis et à l'enfer, et j'espère qu'une fois que les jours de Larry Nassar seront terminés, il sera conduit dans l'un des puits les plus profonds, sombres et brûlants de l'enfer, lui et les gens qui l'ont aidé. J'espère qu'il souffrira énormément, parce qu'il a fait beaucoup souffrir ici, sur cette Terre."

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Le père de trois jeunes femmes victimes des abus sexuels de Larry Nassar a essayé d'attaquer l'ex-médecin de l'équipe de gymnastique américaine lors du troisième et dernier jour d'audience pour sa condamnation dans un tribunal du Michigan vendredi, après avoir demandé au juge s'il pouvait être enfermé dans une salle avec lui.

Il y a près de deux semaines, lors d'une audience ultérieure, Nassar avait été condamné à une peine de prison allant jusqu'à 175 ans après avoir plaidé coupable d'abus sexuels sur plusieurs jeunes femmes, dont des gymnastes olympiques, sous couvert de traitements médicaux. L'audience de vendredi se concentrait sur son activé au sein d'un club de gymnastique sélect du Michigan.

Lauren et Madison, les filles de Randall Margraves, faisaient partie des 30 femmes à avoir témoigné dans cette affaire. Une fois que les sœurs ont fini de parler, leur père s'est levé à côté d'elles et son épouse, et a demandé à parler.

"J'aimerais, dans le cadre de sa sentence, qu'on m'enferme cinq minutes dans une salle avec ce démon", a-t-il demandé à la juge Janice Cunningham vendredi, comme on peut le voir sur une vidéo postée par NBC News et d'autres sources. "Vous feriez ça ?"

"Je, ce n'est pas...", a-t-elle commencé à dire.

"Oui ou non ?" a-t-il relancé.

"Non, monsieur, c'est impossible", a-t-elle répondu.

"Vous me laisseriez une minute ?", a-t-il demandé.

"Vous savez que c'est impossible", a-t-elle répondu. "Ce n'est pas comme ça que notre système juridique..."

C'est là qu'il s'est jeté sur Nassar, assis en combinaison orange de prisonnier, sous les cris affolés de la salle.

Larry Nassar, Court

Cory Morse/The Grand Rapids Press via AP

L'avocat de la défense s'est tenu devant le prisonnier pour le protéger et les policiers ont accouru pour arrêter Margraves. Ils l'ont saisi et l'ont tenu cloué au sol.

"Je vais me le faire, ce fils de pute !" a lancé Margraves. "Laissez-moi une minute avec ce salaud !"

Les policiers lui ont passé les menottes et l'ont expulsé.

"Et si ça vous arrivait ?" a-t-il crié alors qu'on le conduisait hors de la salle, rapporte NBC News.

"On remercie les agents du bureau du shérif et les policiers du comté d'Eaton qui étaient au tribunal", a déclaré l'avocat de Nassar dans un communiqué de presse. "Ils se donnent beaucoup de mal pour assurer notre sécurité au tribunal et à l'extérieur."

Angela Povilaitis, procureur principal, s'est levée et a dit à tout le monde de se calmer dans la salle.

"Vous le laissez avoir une influence sur nous", a-t-elle lancé. "On ne peut pas se comporter comme ça. Je comprends qu'il s'agisse d'une situation délicate. Mais vous ne pouvez pas faire ça. Cela n'aide pas vos enfants. Cela n'aide pas notre communauté. Cela ne nous aide pas."

L'audience a été suspendue, et après cela, la juge s'est adressée à la cour.

"De toute évidence, ce qui vient de se passer dans ce tribunal était effrayant et vous a tous mis mal à l'aise", a déclaré Cunningham. "Je suis désolée que cela se soit passé. Mon cœur s'est mis à battre la chamade et mes jambes ont flanché en voyant cette éruption rapide de violence."

"Je reconnais que M. Margraves a trois filles et qu'il a dû écouter la douleur et la souffrance qu'elles ont subies", a-t-elle expliqué. "Je n'imagine pas ce que ces parents ressentent. Ce que M. Nassar a fait était horrible. C'est impensable. Mais laissez le système juridique remplir son rôle."

   

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