Keira Knightley, Variety

Nadav Kander/Variety

Vous avez plus de chance de voir Keira Knightley dans un film d'époque que dans un film moderne, et ce pour une bonne raison. Comme l'explique l'actrice dans le nouveau numéro de Variety, elle trouve que les personnages féminins sont souvent mieux traités dans les drames historiques. "Je fais peu de films qui se situent dans la période contemporaine parce que les femmes se font presque toujours violer. J'ai toujours trouvé assez détestable la manière dont les femmes sont décrites, alors qu'on me propose des personnages qui m'inspirent dans les films historiques. Les choses s'améliorent. On m'envoie subitement des scénarios actuels où les femmes ne sont pas violées dans les cinq premières pages et ne sont pas juste là pour jouer la petite amie ou la femme aimante", précise-t-elle. Grâce aux studios comme Amazon et Netflix, "on voit des personnages féminins forts et des histoires sur des femmes fortes sur les services de streaming", ajoute-t-elle.

Dans le climat actuel, Keira Knightley estime qu'il est très important de créer des personnages féminins forts et complexes. Alors que beaucoup de ses pairs racontent leurs histoires de harcèlement et d'agressions sexuelles, elle précise : "Ce qui est intéressant, c'est que ça n'arrive pas que dans notre milieu professionnel mais dans tous les milieux."

"Certains détails m'ont surprise. Mais j'étais au courant de la culture du silence imposé aux femmes et de la culture de harcèlement qu'elles subissent, et je savais que les hommes dans notre milieu professionnel avaient le droit de se comporter très différemment des femmes. C'était évident", reconnaît Keira. "Ce qui m'a fascinée dans le mouvement #MeToo, c'est que j'étais assise avec mes amies qui n'appartiennent pas au même milieu, et il n'y avait pas une d'entre nous qui n'ait pas été harcelée. Nous n'avions jamais eu cette conversation avant. Ça m'a ouvert les yeux." L'actrice précise qu'elle n'a "jamais été agressée professionnellement ou harcelée sur un tournage, mais dans ma vie privée, dans des bars, j'ai été agressée quatre fois de façon mineure. Je pense que tout le monde a dû faire face à ces monstres. Pas seulement les actrices. Des profs, des avocates. Je ne parle pas de viol, mais je parle de personnes qui ont été pelotées dans des pubs ou dont les seins ont été caressés par un inconnu ou qui a mis la main sous leur jupe."

"Pendant trop longtemps, on s'est dit : « Oh, c'est normal. » C'est terrible de savoir que ça a été notre réponse. Ça a dû être horrible pour toutes ces femmes qui se sont exprimées publiquement à propos de ce qu'elles ont vécu. Elles ont connu beaucoup de douleur et de souffrance", explique Keira, qui fait actuellement la promo du film Colette. "Nous sommes à une époque où tout ça doit sortir. Puis, nous devrons aller de l'avant et s'assurer que ça n'arrive plus."

L'actrice a travaillé avec Harvey Weinstein par le passé, et l'année dernière, des dizaines de femmes l'ont accusé de harcèlement sexuel, voire même de viol pour certaines. Weinstein s'est excusé pour son comportement, mais a nié catégoriquement avoir eu des relations sexuelles non consenties, par la voix de son avocat. Keira explique que le producteur "a toujours été très professionnel" avec elle, sur et en dehors des plateaux de cinéma. "Il était très bon sur les films qu'on a faits ensemble. Je connaissais sa réputation de harceleur. Il était célèbre pour ses coups de fil au beau milieu de la nuit pour crier sur les gens. Il ne me l'a jamais fait, et il ne m'a jamais demandé de massages ou de choses dans ce genre. Je n'étais au courant d'aucune accusation d'agressions sexuelles ou de viol à son égard", précise l'actrice à Variety. "Les gens partagent leurs histoires pour la première fois. Les gens étaient terrifiés d'en parler et craignaient des représailles, donc je ne pense pas que tout le monde savait tout ce qui se passait."

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