Rachel McAdams

Frazer Harrison/Getty Images

Le week-end dernier, Glenn Whipp, un journaliste du Los Angeles Times, a publié un article sur le réalisateur James Toback, dans lequel 38 femmes l'accusaient de harcèlement sexuel à travers les années. Depuis, le reporter a tweeté que le nombre de ses accusatrices a dépassé les 200.

L'un d'entre elles est Rachel McAdams.

En parlant à Vanity Fair, l'actrice a expliqué qu'elle avait 21 ans et étudiait la comédie quand elle a rencontré Toback, qui l'avait encouragée à postuler pour un rôle dans le film Harvard Story. Après son audition, le réalisateur a suggéré qu'ils suivent un atelier ensemble. Rachel McAdams avance que Toback lui aurait dit de laisser son numéro de téléphone à un assistant d'un agent de casting, et qu'il l'aurait rappelée le soir-même, pour l'inviter à son hôtel.

Étant donné qu'elle devait se lever tôt le lendemain, Rachel aurait demandé à ce qu'ils se rencontrent une autre fois. "Je ne voulais pas vraiment le rencontrer dans un hôtel. Il m'a dit : « Il faut que ce soit ce soir. Je suis en déplacement à la première heure demain. C'est la seule possibilité. »" Rachel explique qu'elle "ne voulait vraiment pas y aller", mais Toback "était si insistant" qu'elle a accepté de le rencontrer. "Il avait tout un tas de livres et de magazines étalés sur le sol. Il m'a invité à m'asseoir par terre, ce qui était un peu bizarre. Assez rapidement, la conversation a tourné autour du sexe et il a dit : « Tu sais, il faut que je te dise. Je me suis beaucoup masturbé aujourd'hui en pensant à toi depuis notre rencontre lors de l'audition. »"

L'actrice aurait été encore plus mal à l'aise quand Toback serait devenu de plus en plus "manipulateur", lui posant des questions du genre : "À quel point es-tu courageuse ?" et "Jusqu'où es-tu prête à aller en tant qu'actrice ?"

Après que Toback lui a demandé de lire des critiques concernant ses films, Rachel se souvient avoir pensé : "Quand est-ce qu'on va répéter ?" L'actrice avance que le réalisateur se serait alors absenté pour aller dans la salle de bain. "Quand il est revenu il m'a dit : « Je viens de me branler dans la salle de bain en pensant à toi. Tu veux bien me montrer ta toison pubienne ? » J'ai dit non", explique-t-elle à Vanity Fair. "J'ai fini par m'en aller."

L'incident décrit par Rachel l'a hantée pendant des années. Toback n'a fait aucun commentaire sur les allégations quand Vanity Fair l'a contacté mercredi. E! News a également demandé une réponse.

Rachel McAdams, Oscars 2016, Candids

Christopher Polk/Getty Images

"Ça a été une énorme source de honte pour moi de ne pas avoir trouvé la force de me lever et de partir. Je n'arrêtais pas de me dire : « Ça va redevenir normal dans un instant. Tout va rentrer dans l'ordre. Tout va bien, d'une certaine manière »", explique la star de Lolita malgré moi. "J'ai fini par comprendre que ce n'était pas le cas." Rachel ajoute se sentir "très chanceuse" que Toback ne l'ai pas "agressée physiquement".

L'actrice n'avait jamais été dans une telle situation auparavant. "J'étais si naïve. Je ne voulais pas croire que ça pouvait dégénérer. Mais j'avais pourtant ce sentiment désagréable, du genre : « Oh, mon Dieu, je suis seule dans une chambre d'hôtel avec cette personne »", précise-t-elle. "J'essayais de rationaliser tout ça en me disant : « Ça doit être un drôle d'exercice de comédie. C'est une sorte de test. Je dois juste montrer que je suis courageuse, que ça ne me gêne pas et que rien ne peut me déstabiliser.'"

"J'étais vraiment pétrifiée", ajoute Rachel. "Mon cerveau n'arrivait pas à suivre."

L'actrice "n'a pas pu dormir" cette nuit-là, et son agent "était choqué" quand elle lui a raconté ce qui s'était passé le lendemain. "Elle était vraiment désolée. Mais elle m'a aussi dit : « Je n'en reviens pas qu'il ait recommencé. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Il l'a fait la dernière fois qu'il était en ville. Il l'a fait à une autre de mes actrices. » C'est là que je me suis énervée, car j'avais l'impression d'avoir été jetée dans la gueule du loup et qu'on ne m'avait pas prévenue que c'était un prédateur. C'est quelque chose pour laquelle il était déjà connu", poursuit l'actrice de 38 ans de N'oublie jamais. "J'étais vraiment surprise d'entendre ça."

Toback, 72 ans, a nié les allégations auprès du Los Angeles Times, en prétendant ne pas se souvenir d'avoir rencontré aucune des 38 premières accusatrices, mais en ajoutant que si c'était le cas, les rencontres avaient été très brèves. Le réalisateur a également précisé que c'était "biologiquement impossible" pour lui d'avoir agressé sexuellement ses accusatrices, dans la mesure où il souffrait de diabète et de problèmes cardiaques depuis 22 ans.

"Je ne voulais plus jamais en reparler", avoue Rachel à Vanity Fair. "Mais même si c'est un très mauvais souvenir, je pense qu'en parler pourrait avoir des répercussions positives."

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