Brad Pitt se met à nu.

Huit mois après qu'Angelina Jolie a demandé le divorce, mettant fin à leur mariage de deux ans et une idylle de 12 ans, Pitt a accordé sa première interview vérité à GQ Style, dans laquelle il a admis ses propres défauts et révélé qu'il faisait des efforts pour devenir un meilleur père de six enfants.

"Vous savez, j'ai commencé à voir un psy", a déclaré Brad, dont la famille a accepté de suivre des séances individuelles et de groupe avec un thérapeute après cette rupture. "J'adore. J'adore. J'ai essayé deux psys avant de trouver le bon."

En septembre dernier, alors qu'il était à bord d'un avion privé en partance pour Los Angeles, une dispute aurait éclaté entre Brad et son fils de 15 ans, Maddox Jolie-Pitt. La police a été prévenue par un coup de fil anonyme, et une enquête a été menée par le FBI (qui s'est terminée sans arrestation). Angelina a demandé le divorce cinq jours plus tard, et les ex ont passé les mois suivants à se battre par avocats interposés.

"J'avais vraiment le dos au mur et j'étais enchaîné au système quand les services sociaux sont intervenus", a déclaré la star de War Machine, parlant pour la première fois de ses problèmes en public. "Après ça, on a réussi à se parler pour régler ça. On fait de notre mieux. J'ai entendu un avocat dire : « Personne ne gagne au tribunal. La question, c'est de savoir qui souffre le plus. » Et ça a l'air vrai. Vous passez un an à monter un dossier pour donner vos raisons, expliquer pourquoi vous avez raison et l'autre personne a tort, on établit son portrait haineux au vitriol. Je refuse de faire ça. Et heureusement, ma compagne est d'accord. C'est très, très bouleversant pour les enfants, de voir leurs parents se déchirer."

Brad Pitt, GQ Style

Ryan McGinley exclusively for GQ Style

Heureusement, ils sont en meilleurs termes qu'ils l'étaient l'automne dernier.

C'est dû en partie, selon Brad, au fait qu'Angelina et lui ont décidé de gérer leur divorce avec "soin et délicatesse" dans l'intérêt de leurs enfants. "Cela fait beaucoup de choses à leur dire parce qu'ils comprennent l'avenir, ils comprennent l'instant immédiat et pourquoi on en est arrivés à ce point, et cela fait remonter beaucoup de problèmes ultérieurs dont on n'avait jamais parlé. Alors, le but, c'est d'en sortir plus forts et de devenir des gens meilleurs. Il n'y a pas d'autre solution."

Après sa séparation, Brad s'est réfugié chez un ami à Santa Monica, en Californie, car vivre seul à son domicile dans les collines d'Hollywood était "très triste", a-t-il déclaré. Mais au bout d'un mois et demi, Brad a décidé qu'il était temps de s'en aller. "J'étais dehors un matin, à 5h30, et un camion de surveillance est arrivé. Ils ne savaient pas que je me cachais derrière un mur, mais il était là... C'est une longue histoire... mais bref, ça devait être un camion envoyé par un magazine people, parce qu'ils ont piraté l'ordi de mon ami. C'est dingue ce qu'ils sont prêts à faire de nos jours... Je suis devenu un peu parano là-bas. J'ai décidé qu'il était temps de partir et de rentrer chez moi."

Brad Pitt, GQ Style

Ryan McGinley exclusively for GQ Style

Mais sa maison des collines d'Hollywood n'est plus ce qu'elle était. "Il y avait toujours du bruit, de la folie, des voix et des boums un peu partout, et après, comme vous voyez, il y a des jours comme ça : très... très solennels", a-t-il expliqué. Brad "squatte" chez son ami sculpteur Thomas Houseago depuis un mois et demi. "Il a été sympa", a déclaré Brad "Je ch-e sur son sanctuaire." Il s'amuse avec de l'argile, du plâtre, du fer à béton et du bois et "essaie seulement d'apprendre à utiliser les matériaux".

"Je me surprends, vous savez", a expliqué Brad. "Mais c'est une occupation très, très solitaire."

La solitude a fait du bien à Brad, car ça lui a permis de se pencher sur ce qui l'a amené à ce point dans sa vie. "Je me souviens avoir eu cette même pensée l'an dernier, ou il y a un an et demi ; quelqu'un vivait un scandale quelconque...", a-t-il expliqué. "Il y avait un grand scandale, je l'ai lu quelque part, et je me suis dit : « Heureusement, je ne vais plus avoir affaire à ça. » Je vis ma vie, j'ai des enfants, je m'occupe, je ne fais rien d'illégal, je ne croise personne. C'est quoi, cette citation de David Foster Wallace ? « La vérité te libérera, mais pas avant de t'avoir épuisé. »" Ce dont Brad s'est rendu compte après sa rupture, a-t-il expliqué, c'est qu'il était "très doué pour me couper du monde, et c'est un problème. Je dois être plus accessible, surtout par rapport aux gens que j'aime."

Brad Pitt, GQ Style

Ryan McGinley exclusively for GQ Style

"Je me protège. Protège, protège, protège. Je me masque, et je m'échappe", a-t-il déclaré. Mais maintenant, je me dis : « Ce n'est que moi. »"

Brad a admis qu'il ne voulait pas divorcer, du moins pas en premier. "Le premier instinct, c'est de s'accrocher. Mais après, on pense à ce cliché : « Si tu aimes cette personne, rends-lui sa liberté. » Et je sais ce que ça veut dire, car je l'ai vécu. Cela veut dire aimer sans posséder. Cela veut dire ne rien demander en échange. Ça sonne bien quand c'est écrit. Ça sonne bien quand Sting le chante. Mais ça ne veut rien dire tant qu'on ne l'a pas vécu. C'est pour ça que je n'ai jamais rien compris à la chrétienté : « Fais ci, ne fais pas ça. » Je me suis toujours dit : « Comment vous allez savoir qui vous êtes et ce qui marche pour vous si vous ne découvrez pas vos limites », a demandé Brad, qui ne se considère plus comme un acteur. "Il faut dépasser la limite pour voir où elle se trouve."

Mais ignorer l'évidence même n'allait pas sauver son mariage.

"La désillusion ne vous lâche pas... Nous, les humains, nous construisons un tas de pièges psychologiques pour échapper à tout", a déclaré l'acteur hollywoodien à GQ Style (dans les kiosques le 8 mai à Los Angeles et New York et le 16 mai dans le reste des États-Unis). "Vous savez, on est presque trop malins pour nous-mêmes."

Brad a expliqué qu'il se cachait dans l'alcool et les drogues. "Il n'y a pas un seul jour depuis la fac où je n'ai pas bu ou fumé ou pris un truc. N'importe quoi. Et vous vous rendez compte que tout ça, les cigarettes, c'est des tétines. J'essayais d'échapper à mes sentiments. Je suis très, très content d'en avoir fini avec tout ça. J'ai tout arrêté à part l'alcool quand j'ai eu des enfants. Mais jusqu'à l'an dernier, j'évitais de gérer certains problèmes et je buvais trop. C'est devenu un vrai problème", a admis Brad. "Mais je suis très content car j'ai arrêté depuis six mois maintenant. Ça me laisse un goût d'amertume, mais j'ai retrouvé toute la sensation au bout des doigts. Je pense que ça fait partie du défi des êtres humains : soit vous niez tout toute votre vie, soit vous y répondez et vous évoluez."

Brad Pitt, GQ Style

Ryan McGinley exclusively for GQ Style

Ça n'a pas été si dur d'arrêter l'herbe, mais l'alcool a été plus difficile. "Franchement, je possède un vignoble. J'aime beaucoup, beaucoup boire du vin, mais je suis allé trop loin. Il fallait que j'arrête un peu. Et franchement, un Russe buvant sa propre vodka aurait roulé sous la table avant moi. J'étais expert. J'étais très doué", a déclaré l'acteur, qui a finalement décidé qu'il ne voulait "plus vivre de cette façon". 

Aujourd'hui, Brad affirme qu'il ne boit que "du jus de canneberge avec de l'eau gazeuse". D'ailleurs, explique-t-il en rigolant : "J'ai les voies urinaires les plus saines de tout Los Angeles, je peux vous le garantir ! Mais le problème, c'est que j'ai tendance à abuser de tout. C'est pour ça que tout finit toujours en calamité. Je dois sauter de la falaise. Je fais toujours ça avec tout, oui. J'épuise toujours tout, et après, je pars. Je regarde toujours les choses de façon saisonnière, je les compartimente, en saisons ou trimestres ou périodes..."

"Pour moi, cet épisode consiste vraiment à examiner mes faiblesses et échecs et à assumer la responsabilité de mes actes. J'ai toujours ce besoin de justice, c'est nul. Je ne sais pas d'où ça vient, cette quête vide de justice pour une cause quelconque. Je peux rester coincé là-dessus pendant des jours et des années. Mais ça n'aide pas du tout. C'est une idée ridicule, de se dire que le monde est juste. Et ça vient d'un type qui avait décroché le gros lot, j'en suis conscient", s'est confié l'acteur deux fois marié. "J'avais décroché le gros lot, mais je continuais de perdre mon temps dans ces quêtes inutiles."

Brad Pitt, GQ Style

Ryan McGinley exclusively for GQ Style

Affronter ces "sentiments horribles" était difficile, mais c'était une étape importante pour aller de l'avant, a-t-il expliqué. "Au final, vous découvrez que vous êtes devenu ces choses que vous n'aimez pas. Ça fait partie de moi. Je ne peux pas le nier. Je dois l'accepter. D'ailleurs, je dois l'accepter à bras ouverts. Je dois regarder la vérité en face et m'en occuper parce qu'en la reniant, je me mens à moi-même. Je suis toutes ces erreurs. Chaque faux pas a été un saut vers l'empathie, la compréhension, une sorte de joie. Oui, éviter la douleur est une vraie erreur. On laisse vraiment sa vie défiler. Ce sont toutes ces choses qui nous forment, ce sont ces choses-là qui nous font évoluer, qui font que le monde sera meilleur, d'ailleurs, ironiquement. C'est ce qui nous rend meilleurs."

"D'ailleurs, on ne peut pas aimer sans perdre", a expliqué ce cœur à prendre. "L'un ne va pas sans l'autre."

Quant aux nombreuses rumeurs sur la fin de son mariage avec Angelina, il a expliqué : "Il y a très peu de choses vraies. Et j'évite tout ça. Je laisse aller. C'est un jeu qui dure depuis si longtemps. Mais j'espère que mes intentions et mon travail parlent d'eux-mêmes." Ce n'est pas amusant de voir "des choses étalées en public", mais Brad a expliqué qu'il s'inquiétait surtout du fait que ses enfants "soient soumis à cela".

Pour les protéger, Brad fait passer sa famille en priorité. "Les gens sur leur lit de mort ne parlent pas de ce qu'ils ont obtenu ou des récompenses qu'on leur a données. Ils parlent des gens qu'ils aiment et des regrets qu'ils ont... c'est ce qui se passe le plus souvent. Cela vient de quelqu'un qui s'est laissé emporter par le travail. Les enfants sont tellement délicats. Ils absorbent tout. Il faut leur tenir la main et tout leur expliquer. Il faut les écouter. Quand je suis très pris par le travail, je n'écoute rien. Il faut que je m'améliore là-dessus."

Tout le reste, a avoué Brad, est sans importance.

Il se fiche de ce que les gens pensent de lui. "Qu'est-ce que Churchill a dit ? « L'Histoire me ménagera. Je le sais parce que je l'écrirai moi-même. » Je me fiche de ce qu'on raconte sur moi. C'est là que je deviens un peu pessimiste. Je me dis toujours qu'on finira par l'oublier tôt ou tard", a déclaré Brad à GQ Style."Mais je sais que les gens qui m'aiment me connaissent. Et ça me suffit."

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