Prince Harry

Hannah McKay - WPA Pool/Getty Images

Le Prince Harry se confie comme il ne l'a jamais fait.

Si l'on sait que le membre de la couronne d'Angleterre a à cœur de faire changer les mentalités sur les maladies mentales — surtout avec sa campagne Heads Together, qu'il a commencée avec le Prince William et Kate Middleton— il parle rarement de l'impact que ce sujet a eu sur sa vie personnelle... jusqu'à aujourd'hui.

Harry était l'invité du Bryony Gordon's Mad World où il a évoqué ses problèmes émotionnels et psychologiques, auxquels il fait face depuis la mort de sa mère, la princesse Diana, il y a 20 ans. Mais ce n'est que récemment que le prince s'est rendu compte qu'il niait tout cela depuis des années.

"Il faut se rappeler que j'ai perdu ma mère à l'âge de 12 ans sous l'œil du public et que j'ai été sous la lumière dans ce rôle avec la pression qui va avec", a expliqué Harry. "Puis, je suis allé en Afghanistan, j'ai travaillé dans une unité de prise en charge des soldats et de tous leurs problèmes. Tout le monde disait : « OK, il doit y avoir quelque chose qui cloche chez toi. Tu ne peux pas être complètement normal. »"

Le prince Harry a expliqué qu'il bloquait ses émotions, notant : "Ma façon de gérer la situation a été d'enfouir ma tête dans le sable et de refuser de penser à ma mère en me disant que ça ne m'aiderait pas. Ça va juste me rendre triste. Ça ne la fera jamais revenir."

 

Prince Harry, Princess Diana Funeral

Anwar Hussein/WireImage

Au lieu de cela, Harry a passé une grande partie de sa vie (pratiquement jusqu'à ses 30 ans) à prétendre que tout allait bien. "J'étais un homme typique de 20, 25, 28 ans qui courait partout en disant : « La vie est belle » ou « Ça va à peu près »."

Aujourd'hui, le prince reconnaît les effets négatifs inhérents au fait d'essayer d'échapper à ses sentiments.

"Je peux dire avec assurance que le fait de perdre ma mère à 12 ans et de bloquer toutes mes émotions pendant ces 20 dernières années a eu un énorme effet sur ma vie personnelle mais également sur mon travail", a-t-il révélé. "Cela ne fait que trois ans, grâce au soutien de mon frère et d'autres personnes qui ont commencé à dire : « Tu dois y faire face. Ce n'est pas normal de penser que rien ne t'affecte. »"

Harry a ajouté : "J'ai commencé à en parler et, tout d'un coup, le deuil auquel je n'avais jamais fait face est devenu une préoccupation première et je me suis dit : « En fait, il y a beaucoup de choses que je dois affronter. »"

Le prince a alors commencé à travailler sur ses émotions et sa santé mentale à l'âge de 28 ans, et à l'âge de 30 ans, il a senti qu'il se connaissait mieux et pouvait désormais discuter avec d'autres personnes qui avaient vécu le même traumatisme.

Prince William, Princess Diana, Prince Harry

Antony Jones/Julian Parker/UK Press via Getty Images

"C'est un processus fascinant", a-t-il précisé. "Tout ça fait partie d'une conversation, le fait de pouvoir parler à un parent, un inconnu, un frère ou une sœur ou un collègue."

C'est pourquoi, Harry croit beaucoup à la thérapie et au fait de se faire aider d'un professionnel de la santé mentale. "[Parfois] je n'ai pas besoin de vos conseils, j'ai juste besoin que vous m'écoutiez", a-t-il admis.

En dehors des séances chez le psy, alors qu'Harry continuait de se pencher sur son deuil, il s'est intéressé à la course à pied et à la boxe pour évacuer certaines de ses émotions avec une activité physique. "Le sport est vraiment la clé", a-t-il avoué. "Le sport est une solution simple. Au lieu de lâcher, encore et encore. Et si vous vous accrochiez ?"

Mais plus important encore, Harry a réussi à surmonter ses propres difficultés en aidant les autres et en "normalisant la conversation" autour de la santé mentale et du bien-être mental. Son but premier a été de rappeler à tous que "nous ne sommes pas des robots" et que se sentir bien mentalement est quelque chose qui nous unit.

"Ma mère croyait que si l'on est dans une position privilégiée ou qu'on a des responsabilités et si l'on peut utiliser son nom pour faire quelque chose en quoi on croit vraiment… alors on peut détruire toutes les stigmatisations."

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