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Brendan Dassey, Making a Murderer

AP Photo/Dan Powers, Pool

Un documentaire est censé enregistrer l'histoire, mais que se passe-t-il quand il la modifie en cours de route ? C'est le cas de certains de ces films. 

Brendan Dassey, originaire du Wisconsin, a été libéré de prison après avoir fait appel lundi. Le personnage de Making a Murderer représente un nouvel exemple de ce qui peut se passer quand un documentaire captive tout un pays et soulève par la même occasion de nouvelles questions. 

Le docu de Netflix en dix parties revenait sur les procès du jeune homme de 27 ans et de son oncle, Steven Avery, accusés d'avoir assassiné la photographe Teresa Halbach

Suite au regain d'intérêt du public pour cette affaire provoqué par le documentaire, la condamnation pour meurtre à l'encontre de Brendan Dassey a été annulée en septembre par un juge fédéral, après qu'une nouvelle enquête a déterminé qu'il avait été forcé à confesser le meurtre. Près d'un an après le début de la diffusion de Making a Murderer et plus d'une décennie après le meurtre de Teresa Halbach, un juge fédéral a estimé qu'il devait être libéré dans les 90 jours tandis que l'appel est instruit. 

 

 

Robert Durst, The Jinx

HBO

Brendan Dassey n'est pas la seule personne à avoir vu sa vie changer après qu'un documentaire a remis en lumière son histoire. Dans la mini-série documentaire de HBO The Jinx, le célèbre réalisateur Andrew Jarecki a passé 10 ans à étudier la vie de Robert Durst, fils du magnat de l'immobilier Seymour Durst, dont l'épouse, Kathleen McCormack Durst, a mystérieusement disparu en 1982, dont le voisin a été démembré et dont l'amie de longue date, Susan Berman, a été retrouvée assassinée dans sa maison de Californie. 

La série s'est conclue par une interview avec Robert Durst lui-même. Le moment clé a eu lieu quand ce dernier s'est rendu aux toilettes avec son micro encore allumé et qu'il a murmuré "Bien sûr que je les ai tous tués." 

   

 

Si le commentaire a soulevé beaucoup de questions brûlantes, Robert Durst a été arrêté par le FBI à La Nouvelle-Orléans le soir de la diffusion de la dernière partie du documentaire en rapport avec le meurtre de Susan Berman, grâce, entre autres, aux découvertes de la série, dont une lettre qu'il aurait envoyée à la victime un an auparavant et qui ressemblait étrangement à une lettre anonyme reçue par la police et leur indiquant sa mort. 

"Ces deux producteurs ont fait ce que la police de trois États n'a pas réussi à faire en 30 ans", a déclaré Jeanine F. Pirro, l'ancien procureur du comté de Westchester au New York Times. "Bravo à eux. Ils ont été méticuleux. Ils ont été concentrés. Ils ont été clairs."

Lundi, Robert Durst a plaidé non coupable devant la cour, comme le rapporte le Los Angeles Times

   

Blackfish

Courtesy of Magnolia Pictures/Suzanne Allee

Si ces documentaires se sont intéressés à des problèmes sur la terre ferme, Gabriela Cowperthwaite s'est concentrée sur une autre affaire en 2013 avec Blackfish. Le documentaire est né à la suite de la mort en 2010 de Dawn Brancheau, qui entraînait Tilikum, un orque de SeaWorld.

Le film a montré les risques potentiels à garder des orques en captivité, suggérant qu'il y avait d'autres raisons inexplorées (et non précisées) pour lesquelles Tilikum avait attaqué Dawn Brancheau. 

Suite aux annulations d'interventions de stars, au déclin de la vente des entrées au parc et à de nouvelles lois proposant l'interdiction de détenir des orques en captivité à des fins d'amusement, SeaWorld a annoncé deux ans plus tard l'arrêt de l'élevage des épaulards et la fin de leur spectacle.

"J'espère que vous aimez le film. J'ignore s'il va changer votre point de vue sur les animaux dans les parcs d'attraction. Ce n'était pas mon intention", a écrit Gabriela Cowperthwaite à CNN. "Je voulais juste raconter la vraie histoire. Et je suis persuadée qu'une fois que le public connaîtra la vérité, il prendra la meilleure décision pour sa famille et lui."