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Julia Roberts, Pretty Woman

Touchstone Pictures

'90s Nostalgia Week, Theme Week

Dans les dernières pages du scénario original de Pretty Woman, il n'y avait pas de baiser de conte de fées.

Au contraire, la prostituée de Hollywood Boulevard, Vivian Ward, était abandonnée par son client, après avoir accepté de passer une semaine sans cocaïne en échange de rendez-vous avec un financier impitoyable. 

"À la fin du scénario original, le personnage de Richard [Gere] jetait mon personnage de la voiture, lui jetait des billets à la figure et s'en allait alors que le générique défilait", a expliqué Julia Roberts à NBC pour une émission spéciale fêtant les 25 ans du film.

Eh oui, un quart de siècle plus tard, Hollywood chérit encore l'histoire d'amour tendre et surprenante entre une prostituée et un homme d'affaires qui a catapulté Roberts au statut de "It Girl", qui reste l'un des plus grands succès de la carrière du réalisateur Garry Marshall et qui a donné naissance à la phrase mythique "Grosse erreur. Grosse. Énorme."

Mais on n'aurait peut-être pas accueilli le film aussi bien s'il avait gardé sa fin originale. Il se trouve que le scénariste J.F. Lawton avait du mal à percer quand il a écrit un film appelé 3,000, une référence "à la somme qu'elle demandait", a expliqué Roberts.

"J'étais un scénariste qui essayait de décrocher un boulot, j'étais sans emploi, je travaillais dans la post-production et j'essayais de vendre des scénarios, et j'avais écrit des tas de scénarios de films ninjas et de comédies, mais rien ne marchait", a expliqué Lawton à Vanity Fair. "Tout à coup, je me suis dit : « Je devrais peut-être faire quelque chose de plus sérieux et de plus dramatique. »"

Julia Roberts, Pretty Woman

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Son premier essai mettait en scène une prostituée de Los Angeles et un homme d'affaires, mais c'était loin d'être une comédie. Le scénario de Lawton comprenait même certains moments clés du film, comme quand Vivian prend un bain, quand elle aide Edward à nouer sa cravate, quand elle se rend à l'opéra et quand elle se fait jeter d'une boutique chic.

Mais ce personnage était à des années-lumières de la femme innocente, touchante et saine que Roberts a fini par jouer sur le grand écran. À la fin, Vivian regardait "dans le vide" à travers une fenêtre de bus, alors que sa meilleure amie, Kit, et elle se rendaient à Disneyland... un moment solennel qui apportait une conclusion morne au film.

Richard Gere, Pretty Woman

Touchstone Pictures

Puis Disney s'en est mêlé. Comme le magazine le décrit, les producteurs de Vestron avaient acheté le scénario lorsqu'ils s'étaient rendus au Sundance Institute, mais quand la société a mis la clé sous la porte, Disney — qui cherchait quelque chose d'un peu "sombre" — a repris le projet.

À l'époque, Marshall venait de terminer le film à succès de Disney intitulé Au fil de la vie, film dramatique de 1988 faisant la chronique des vies entremêlées de deux meilleures amies jusqu'à ce que l'une — attention, spoiler ! — meure tragiquement. Comme Vanity Fair le note, Disney voulait séduire le réalisateur avec un projet inhabituellement plus sombre, comme le film avec Bette Middler

Suite à un débat pour trouver une nouvelle fin et plusieurs réécritures avec une poignée de scénaristes différents, le conte de fées moderne que l'on connaît aujourd'hui a vu le jour, avec la célèbre scène du baiser dans l'escalier de la sortie de secours et une fin heureuse avec un côté féministe.

"Ma vision, c'était un mélange de contes de fées. Julia était Raiponce, Richard était le prince charmant et Hector [Elizondo] était la marraine la bonne fée", a expliqué Marshall à Vanity Fair. "Ce n'était pas la vision de tout le monde, mais c'était la mienne."

Heureusement, il n'a pas fait erreur. Le film reste le plus grand succès commercial de Disney à ce jour pour un film grand public. Finalement, c'est une vraie fin de conte de fées !