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Ben Stiller a révélé dans l'émission de radio The Howard Stern Show mardi qu'on lui avait diagnostiqué un cancer de la prostate "immédiatement agressif" à l'âge de 48 ans. L'acteur de Zoolander 2, qui a désormais 50 ans, a fait un passage dans l'émission de Howard Stern avec son chirurgien, Edward Schaeffer, et a parlé de son expérience pour la première fois publiquement. "Ça m'a pris par surprise", a dit Ben. "Je n'avais aucune idée."

"Au début, je ne savais pas ce qui allait se passer, j'avais peur. J'avais très peur", a-t-il admis. "Ce que ça fait, c'est que ça arrête tout dans votre vie, quand on vous diagnostique un cancer, car on ne peut pas prévoir de faire un film, on ne sait pas ce qui va se passer."

Ben a dit qu'il n'avait aucun antécédent familial de cancer de la prostate. "Mon père ne l'a pas eu", a-t-il dit à Stern. "Je ne suis pas dans un groupe à risques." Mais son médecin, Bernard Kruger, a pu détecter la maladie en faisant un test de l'antigène prostatique spécifique (PSA) lors d'un check-up annuel. L'analyse sanguine examine et mesure la quantité d'antigènes prostatiques spécifiques dans le sang du patient, produits par les tissus cancéreux et non cancéreux de la prostate.

"C'est un sujet très controversé, le test PSA. C'est le seul détecteur du cancer de la prostate, et pour l'instant, le groupe de travail des services de prévention des États-Unis ne recommande pas le test. Je crois que l'American Cancer Society dit qu'il est bon d'en parler à 50 ans", a dit Ben. "Si je n'avais pas fait le test — mon médecin a commencé à me le faire faire à 46 ans — je ne saurais toujours pas à ce jour."

Le premier test PSA a révélé que les niveaux de Ben étaient élevés, mais pas alarmants. Le médecin de Ben a réadministré le test six mois plus tard, et cette fois, les niveaux de PSA étaient encore plus élevés. "Après la deuxième fois, j'ai commencé à m'inquiéter", a-t-il dit. Ben a subi une série d'examens, y compris une IRM et une biopsie, avant que les médecins ne confirment le diagnostic de cancer de la prostate.

"Quiconque a dû gérer une maladie sait que ça fait remonter beaucoup de choses dans sa vie", a dit Ben. "Et ça arrive quand on commence à faire un examen après l'autre, et ça commence à devenir une réalité."

"La première chose que j'ai faite quand j'ai reçu le diagnostic a été d'aller sur Internet pour en savoir plus", a-t-il dit. "J'ai vu que [Robert] De Niro l'avait eu. Je l'ai appelé tout de suite." Ben, qui est marié à l'actrice Christine Taylor, 45 ans, a ensuite partagé la nouvelle avec leurs deux enfants : Ella Stiller, 14 ans, et Quinlin Stiller, 11 ans. "Je leur ai dit que j'avais un problème à gérer", a dit l'acteur. "Ils n'ont pas été trop affectés."

Ben a ensuite subi une opération d'ablation de la prostate. "Après, vous appréciez la vie d'autant plus", a-t-il dit. "Tous les six mois, je passe mon test PSA pour m'assurer qu'il n'y a plus rien."

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"Je voulais en parler à cause du test", a dit Ben. "Le test m'a sauvé la vie."

"La controverse autour du test, c'est que quand on reçoit un traitement pour le cancer de la prostate, des choses peuvent arriver : l'incontinence, l'impuissance", a dit Ben, qui a produit le nouveau film Pourquoi lui ? "C'est le deuxième cancer le plus mortel, mais aussi un des cancers auxquels on survit le plus, s'il est détecté assez tôt."

  

"Il se trouvait que je pouvais être traité. Beaucoup de gens ne sont pas dans ce cas, car c'est découvert trop tard. Je suis passé de «Oh, pauvre de moi, j'ai le cancer» à «Oh, j'ai de la chance»", a dit Ben. Même si les tests PSA ne sont pas obligatoires, a-t-il ajouté, "je crois que tout le monde devrait en parler avec son médecin, avoir l'occasion d'en parler avec son docteur".

Ben a aussi parlé de comment l'ablation de sa prostate a affecté sa vie sexuelle. "Quand la première érection est survenue post-opération, on a tous fêté ça", a-t-il dit, faisant remarquer que c'était arrivé le lendemain soir de l'opération. "Ce n'est pas typique", a plaisanté le chirurgien. "Mais c'est une star de cinéma."

L'acteur a dit qu'il avait "fallu du temps" pour revenir à la normale. "On manipule les terminaisons nerveuses, donc ça change l'expérience de l'orgasme. C'est bien, mais totalement différent. Il n'y a pas d'éjaculation, ce qui ne me dérange pas. C'est une expérience intéressante. Il y a un temps d'adaptation, c'est sûr. Je n'aurai pas d'autres enfants, mais j'ai la chance d'avoir deux enfants géniaux."

Après son interview avec Stern, Stiller a publié un essai détaillé via Medium.

"On m'a diagnostiqué un cancer de la prostate le 13 juin 2014. Le 17 septembre de la même année, j'ai reçu un résultat d'examen qui me disait que je n'avais plus de cancer. Les trois mois entre les deux ont été des hauts et des bas auxquels 180 000 hommes par an en Amérique peuvent s'identifier", a écrit l'auteur de La vie rêvée de Walter Mitty. "Après avoir eu la nouvelle, essayant d'absorber les mots-clés qui retentissaient dans mon esprit («probabilité de survie»... «incontinence»...), je suis allé sur mon ordinateur et j'ai cherché sur Google «Hommes qui ont eu le cancer de la prostate». Je ne savais pas quoi faire et j'avais besoin de voir des preuves que ce n'était pas la fin du monde."

Ben s'est d'abord senti encouragé en voyant des noms comme John Kerry, Mandy Patinkin et Joe Torre, et ses inquiétudes se sont amoindries. "Et puis bien sûr, j'ai dû faire une autre recherche, tapant «sont morts du» au lieu de «ont eu le»", a-t-il écrit. En en apprenant davantage sur ma maladie (une leçon importante a été de ne pas chercher «gens qui sont morts du cancer de la prostate» immédiatement après avoir reçu un diagnostic de cancer de la prostate), j'ai pu réaliser la chance que j'avais. Mon cancer avait été détecté assez tôt pour être traité. Et mon médecin m'avait fait faire un test facultatif."

Passer le test PSA est controversé, a admis Ben, notant qu'il y a différents "articles et essais sur sa sûreté, des études qui semblent être interprétées de façons différentes, et des débats pour savoir si les hommes devraient le passer". Quoi qu'il en soit, il veut aider les autres. "Je ne donne pas un point de vue scientifique ici, juste un avis personnel, basé sur mon expérience", a-t-il écrit.

"Si mon médecin avait attendu, comme l'American Cancer Society le recommande, que j'aie 50 ans, je n'aurais su que j'avais une tumeur croissante que deux ans après mon traitement", a écrit Ben. "Si j'avais suivi les directives de l'État, je n'aurais jamais été testé et je n'aurais pas su que j'avais le cancer avant qu'il ne soit trop tard pour le traiter avec succès."

Même si le PSA n'est pas "parfait", a écrit l'acteur, "je suis très reconnaissant envers mon médecin qui m'a présenté ces options. Quand j'ai choisi de passer l'examen, il m'a envoyé voir des médecins qui travaillaient à des centres d'excellence dans ce domaine pour déterminer les étapes suivantes. C'est un problème complexe, et qui évolue. Mais dans ce monde imparfait, je pense que la meilleure façon de déterminer une ligne de conduite pour le cancer le plus traitable et pourtant un des plus mortels, c'est de le détecter tôt."