Alors qu'un scandale entoure la sortie de son nouveau film, The Birth of a Nation, et de son réalisateur, Gabrielle Union ne mâche pas ses mots. 

Deux mois avant la sortie aux États-Unis du film très remarqué lors du Festival du film de Sundance, l'actrice vient de publier un éditorial émouvant dans le Los Angeles Times à propos de sa co-vedette et réalisateur du film, Nate Parker. En pleine tournée promotionnelle du film, l'acteur-scénariste-producteur-réalisateur de 36 ans est dans la tourmente pour un viol dont il a été accusé quand il était étudiant à l'université de Penn State en 1999. Il a été acquitté au cours d'un procès et a fait une déclaration en août après avoir appris le suicide de son accusatrice en 2012.

"Je suis rempli d'une profonde tristesse… Je ne peux pas vous dire à quel point c'est triste d'apprendre une telle nouvelle. Je n'imagine pas toutes les implications pour sa famille", a-t-il écrit sur sa page Facebook. "Je ne peux et je ne veux pas ignorer toute la douleur qu'elle a subie pendant et après le procès. Si je maintiens que je suis innocent et que notre rencontre était indubitablement consensuelle, il y a des choses plus importantes que la loi."

Mais ses remarques n'ont pas apaisé les préoccupations de Gabrielle Union. Victime d'un viol sous la menace d'une arme à feu à l'adolescence, l'actrice a décidé d'utiliser son expérience pour lancer une discussion à l'échelle nationale. 

"Le viol est une blessure longue à guérir. Et pour certains d'entre nous, ça ne s'arrête jamais. Le syndrome de stress post-traumatique est bien réel et s'attaque à la santé mentale de beaucoup d'entre nous qui avons survécu à des violences sexuelles", a-t-elle écrit dans sa tribune. "Depuis que j'ai appris l'histoire de Nate Parker, j'ai l'estomac tout retourné."

  

Gabrielle Union, Nate Parker

Getty Images

"Aussi important et innovant soit le film, je ne peux pas prendre ces allégations à la légère", a ajouté Gabrielle. "Cette nuit-là, il y a 17 ans, Nate avait-il le consentement de sa partenaire ? C'est très possible qu'il l'ait cru. Et pourtant, comme il l'a dit lui-même, il n'avait pas son accord verbal ; et même si elle n'a jamais dit « non », un silence ne veut pas dire « oui ». Même s'il est souvent difficile de comprendre le langage corporel, le fait que certains individus interprètent l'absence de « non » en « oui » est au minimum problématique, et au pire criminel."

Cependant, l'actrice a précisé qu'elle ne savait pas avec certitude ce qui s'était passé entre Nate Parker et son accusatrice. "Indépendamment de ce que je crois qu'il s'est passé cette nuit-là il y a 17 ans, après avoir lu les 700 pages du compte-rendu de l'audience, je ne sais toujours pas. Personne ne sait, à part ceux qui étaient dans la pièce. Mais je pense que le film est un moyen d'informer et d'éduquer, afin que ces situations n'aient plus lieu sur les campus des universités, dans les dortoirs, dans les fraternités, dans des appartements ou d'autres endroits où des jeunes se retrouvent."

Gabrielle Union, Dwyane Wade

Bobby Metelus/Getty Images

Fervente défenseuse des victimes de violences sexuelles, Gabrielle Union a vu dans son personnage d'Esther, qui reste muette sur le sujet pendant tout le film, un moyen d'évoquer un problème plus large. "J'ai choisi ce rôle parce que son expérience me parlait. Je voulais également donner une voix à mon personnage", a-t-elle expliqué.

"Avec son silence, elle représente un nombre incalculable de femmes noires qui ont été et continuent d'être violentées. Des femmes sans voix, sans pouvoir. Des femmes en général. Mais plus particulièrement des femmes noires. Je savais que je pouvais sortir du film et aller parler au public sur le fait d'être une survivante."

   

En privé, d'après Gabrielle, son mari, Dwyane Wade, et elle font l'effort d'expliquer à leurs fils "les limites entre les sexes et le fait de ne pas représenter un danger pour quelqu'un d'autre".

"En tant que femme noire en train d'élever de jeunes hommes noirs, beaux et talentueux, je suis bien consciente de ma responsabilité envers eux et leur avenir", a-t-elle expliqué. "Nous faisons un effort pour enseigner à nos fils le consentement mutuel. Nous leur expliquons qu'il est de leur devoir de s'assurer que leur partenaire est d'accord. Et nous leur disons qu'un haussement d'épaule, un sourire ou un soupir ne suffit pas. Ils doivent entendre un « oui »".

E! News a demandé à Nate Parker de commenter l'éditorial de Gabrielle Union.

 

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