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Angelina Jolie

Emrah Yorulmaz/Anadolu Agency/Getty Images

Le récent voyage d'Angelina Jolie dans un camp de réfugiés en Irak l'a laissée "sans voix".

Dans une tribune libre très engagée parue dans le New York Times, l'actrice et ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés se remémore le voyage déchirant qu'elle vient d'effectuer il y a quelques jours.

"C'est ma cinquième visite en Iraq depuis 2007, mais je n'avais jamais vu autant de souffrance qu'aujourd'hui", écrit l'actrice. "Je suis venue visiter les camps et les colonies où des réfugiés irakiens et syriens tentent de trouver refuge à l'abri des combats qui secouent leur région. En près de quatre ans de guerre, près de la moitié de la population syrienne, qui compte 23 millions d'habitants, a été déplacée. À l'intérieur de l'Iraq, plus de deux millions de personnes ont fui le conflit et la terreur engendrés par les groupes extrémistes. Les réfugiés et les populations déplacées ont assisté à des scènes d'une brutalité incroyable. Les enfants ne vont plus à l'école, ils tentent de survivre, et ils sont encerclés de toutes parts par la violence."

Angelina Jolie

Andrew McConnell/UNHCR via Getty Images

Angelina Jolie raconte que les histoires que les réfugiés syriens et irakiens lui ont racontées l'ont laissée "sans voix".

"Que peut-on dire à une mère dont les larmes coulent sur le visage et qui vous dit que sa fille est entre les mains de l'État islamique ou IE, et qu'elle préférerait être à ses côtés ? Même si elle devait être violée et torturée, ajoute-t-elle, ce serait mieux que de ne pas être avec sa fille", écrit la réalisatrice d'Invincible. "Que dire à une jeune fille de 13 ans qui vous parle des entrepôts où elle et d'autres vivaient et où elles étaient sorties trois à la fois pour être violées par les hommes ? Quand son frère a appris la nouvelle, il s'est suicidé. Comment dire quoi que ce soit quand une femme de votre âge vous regarde dans les yeux et vous raconte que toute sa famille a été tuée devant elle, et qu'elle vit désormais sous une tente avec très peu de nourriture ?"

Angelina Jolie, Critics' Choice Awards

Jason Merritt/Getty Images

Angelina Jolie ajoute : "Seule la fin du conflit en Syrie pourra mettre un terme à ces problèmes. Sinon, nous ne les traiterons qu'en surface."

"La vie de millions de gens est en jeu ainsi que l'avenir du Moyen-Orient, mais il en est de même de la crédibilité de la communauté internationale. Que dire de notre engagement à défendre les droits de l'Homme et à les faire respecter quand on donne l'impression de tolérer que des crimes contre l'humanité soient perpétrés tous les jours en Syrie et en Irak ?", poursuit Angelina Jolie. "Quand le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations-Unies a été créé après la Seconde Guerre mondiale, son but était d'aider les populations à rentrer chez elles après la guerre. Il n'a jamais été créé pour nourrir année après année des gens qui risquent de ne jamais rentrer chez eux, dont les enfants sont nés apatrides et dont les pays ne connaîtront peut-être jamais la paix. Mais c'est pourtant la situation actuelle, avec 51 millions de réfugiés, de personnes déplacées et de demandeurs d'asile dans le monde, soit plus que dans toute l'histoire de cette institution."

Elle conclut en disant : "Il faut trouver des moyens supplémentaires pour aider les voisins de la Syrie à supporter la charge insurmontable de ces millions de réfugiés. Les appels à l'aide humanitaire des Nations-Unies n'ont pas été suffisamment entendus. Les pays à l'extérieur de la région devraient offrir leur aide pour recevoir les réfugiés les plus vulnérables qui ont besoin d'être réinstallés, par exemple ceux qui ont été victimes de viols ou de torture. Mais surtout, la communauté internationale dans son ensemble doit trouver un accord de paix. Défendre nos valeurs chez nous, dans la presse et nos institutions n'est pas suffisant. Nous devons également les défendre dans les camps de réfugiés au Moyen-Orient, et dans les villes-fantômes en ruine de Syrie."