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Jennifer Lawrence, Vanity Fair, November

Patrick Demarchelier exclusively for Vanity Fair

Si Jennifer Lawrence veut que le monde la voie à poil, ce sera selon ses propres termes. Devant l'objectif du photographe de mode Patrick Demarchelier, l'actrice de 24 ans fait la une du numéro de novembre de Vanity Fair. Dans l'article, Jennifer brise son silence sur les dizaines de photos d'elle nue volées et publiées sur la toile.

"J'étais morte de peur", a-t-elle déclaré. "Je ne savais pas quel impact ça aurait sur ma carrière."

L'actrice, qui est toujours restée discrète sur sa vie privée, a été choquée de voir que ses photos s'étaient retrouvées sur Internet. "Ce n'est pas parce que je suis une personnalité publique ou une actrice que je mérite ça. Ça ne veut pas dire que l'un ne va pas sans l'autre. C'est mon corps, ça devrait venir de moi, et le fait que je n'ai pas pris cette décision est vraiment dégoûtant. Je n'arrive pas à croire qu'on puisse vivre dans un monde pareil", s'exclame-t-elle.

Lawrence était à deux doigts d'émettre un communiqué en août, mais elle s'est retenue. "Tout ce que j'essayais d'écrire me faisait pleurer ou me rendait folle de rage. J'ai commencé par écrire des excuses, mais je n'ai rien à me faire pardonner. Je vivais une relation saine, formidable, remplie d'amour [avec Nicholas Hoult] depuis quatre ans", explique-t-elle. "La distance nous séparait, alors votre copain peut soit regarder un porno soit vous regarder, vous."

L'actrice, qui sort actuellement avec Chris Martin, le chanteur de Coldplay, tient à clarifier quelque chose sur cette violation de sa vie privée : "Ce n'est pas un scandale. C'est un crime sexuel. C'est de l'abus sexuel. C'est dégoûtant", déclare-t-elle.

"Il faut changer la loi, et il faut qu'on change. C'est pour cela que ces sites web sont responsables", continue-t-elle. "Vous voyez quelqu'un que l'on exploite sexuellement, et la première chose qui vous traverse l'esprit, c'est de vous faire de l'argent dessus. Ça me dépasse. Je n'arrive pas à comprendre comment les gens peuvent être tellement détachés de leur humanité. Je ne sais pas comment on peut être aussi inconsidéré, irréfléchi et vide à l'intérieur."

Les actrices Kirsten Dunst et Gabrielle Union se sont également exprimées sur ces fuites.

Le F.B.I. enquête actuellement sur ce piratage et l'avocat Martin Singer défend 12 "actrices, mannequins et athlètes" anonymes dont les photos privées ont été volées et diffusées sur Internet. En plus de demander 100 millions de dollars de dommages et intérêts, Singer accuse Google de ne pas avoir réagi "de façon efficace et responsable" pour retirer ces images de leurs résultats de recherche. Singer affirme également que des "prédateurs pervers" ont volé ces photos à ses clients. Google a répondu par la suite en disant : "Nous avons effacé des dizaines de milliers de photos, quelques heures après que la demande a été effectuée, et nous avons clôturé des centaines de comptes... L'Internet peut servir à un tas de bonnes choses. Voler les photos personnelles des gens, ce n'en est pas une."

Lawrence rejette aussi la faute sur les gens qui ont regardé ces photos. "Si vous les avez regardées, vous perpétuez cet abus sexuel. Vous devriez avoir honte", déclare l'actrice d'American Bluff au magazine. "Même les gens que je connais et que j'aime me disent : «Oh oui, j'ai vu ces photos.» Je ne veux pas les incendier, mais d'un autre côté, je me dis : «Je ne t'ai pas autorisé à me regarder toute nue.»"

Le plus dur, quand sa vie privée se retrouve étalée au grand jour, c'est qu'il faut appeler son papa pour lui expliquer ce qui s'est passé. "Je m'en fiche de l'argent que j'ai touché pour Hunger Games. Je vous promets, si vous avez le choix entre toucher tout cet argent et appeler votre père pour lui dire qu'un truc comme ça s'est passé, c'est vite fait, ça ne vaut pas le coup", a expliqué Lawrence en parlant de cet épisode humiliant de sa vie.

"Heureusement, il jouait au golf, alors il était de bonne humeur", a-t-elle déclaré en plaisantant.

Tout comme son personnage dans Hunger Games : la Révolte, Lawrence tient le coup. "Le temps panse les blessures, vous savez. Je ne pleure plus. Je ne peux plus me mettre en colère", explique-t-elle à Vanity Fair. "Je ne peux pas attendre qu'on attrape ces gens pour redevenir heureuse, car on risque de ne jamais les retrouver. Je dois trouver ma propre paix."