Roger Waters

Peter Payne/eyevine/ZUMA

Roger Waters aimerait peut-être "démolir the Wall" — ou le mur de séparation dressé en Cisjordanie par Israël — mais ça ne fait pas de lui un antisémite, a-t-il dit.

Répondant aux allégations faites la semaine dernière par la Ligue Anti-Diffamation, selon lesquelles sa tournée pour le 30e anniversaire de The Wall comprenait des images qui pourraient être interprétées comme présentant des stéréotypes négatifs sur les Juifs, le musicien de Pink Floyd a discrètement fait quelques modifications pour répondre à la critique.

En même temps, il a nié avec véhémence les affirmations de la Ligue disant que ce qu'il avait fait était insultant.

Au cœur du débat : une animation montrant un bombardier B-52 larguant des bombes en formes de divers symboles, notamment des croix chrétiennes, des croissants musulmans, des logos Mercedes-Benz, un logo Shell et la faucille et la marteau communistes.

Il y avait également des étoiles de David tombant juste avant des signes du dollar.

Cela était apparemment trop pour le directeur de l'ADL, Abraham Foxman, qui a dit que les différents symboles (et leur ordre) "franchissait une limite jusque dans l'antisémitisme".

"Il est scandaleux que Roger Waters ait choisi la juxtaposition de l'étoile de David juive avec le symbole du dollar", a dit Foxman dans une déclaration. "Même s'il affirme que son intention était de critiquer la barrière de sécurité en Israël, l'utilisation d'une telle imagerie dans un concert semble laisser le message ouvert à une interprétation libre, et la signification pourrait facilement être mal comprise, et prise pour un commentaire sur les Juifs et l'argent."

La légende de la musique s'est défendue, accusant Foxman d'avoir fait ces accusations sans même avoir vu le concert. Dans une lettre ouverte au journal britannique Independent, il a rejeté les accusations de l'ADL et clarifié son intention.

"Si M. Foxman était venu à mon concert avant d'émettre un jugement et de commenter publiquement, il serait, je l'espère, resté silencieux, puisqu'il n'y a aucun antisémitisme dans le spectacle The Wall", a écrit Waters. "La chanson à laquelle il fait référence, «Good Bye Blue Sky», décrit comment des gens ordinaires, militaires et civils, souffrent de traumatismes après la guerre."

Il a continué : "Si The Wall a un message politique, c'est celui de chercher à illuminer notre condition, et de trouver de meilleurs moyens d'encourager la paix et la compréhension, en particulier au Moyen-Orient."

Le chanteur-compositeur a aussi dit à l'Independent qu'il se sentait forcé de répondre, pour que les gens ne le prennent pas pour un antisémite, faisant remarquer que "rien ne pourrait être plus faux".

"On peut attaquer les politiques d'Israël sans être anti-juif", a-t-il dit, en ajoutant que "c'est cette politique étrangère contre laquelle je suis. Ça n'a rien à voir avec la religion."

Quelques jours après avoir fait cette déclaration, Waters a quand même fait un petit changement au segment en question : au lieu de signes du dollar après l'étoile de David sortant du B-52, c'est désormais le symbole de Mercedes qui suit.

Un représentant du rockeur n'était pas disponible pour commenter.

Qu'en dites-vous ? La plainte d'ADL est-elle justifiée ? Allez voir la vidéo avant la modification, issue du début de la tournée à Toronto (les étoiles de David commencent à tomber vers 1:34, suivies des signes du dollar) :

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